cache information close 

La parole à nos lecteurs

L’habit de camouflage pour tous

 

Les jours passent et se ressemblent un peu. C’est en tout cas ce que bon nombre de Québécois doivent se dire en ce moment en écoutant les actualités.

Ceci dit, à l’instar des policiers, des pompiers et des préposés au stationnement, voilà que nos chauffeurs de taxi ont décidé de porter également le pantalon de camouflage pour protester contre UberX. Il semble aussi que Sam Hamad, prenant l’avion pour gagner les terres chaudes de l’oncle Sam, y ait songé pour s’épargner les regards obliques des passants honnêtes. Une photographie de lui, nous le montrant mal assoupi à bord de l’aéronef le conduisant en Floride, nous laisse bien présager les zones de turbulences qu’il s’apprête à traverser à son retour.

L’ex-premier ministre Charest, à l’Université McGill, aurait dû lui aussi penser à porter l’habit de camouflage pour éviter la cohue que l’on sait, interrompant sec son allocution sur l’éthique et la gouvernance des administrations publiques, le forçant à quitter la salle en coup de vent.

À bien y penser, c’est toute la population du Québec qui devrait porter la tenue de camouflage. De cette façon, tous et toutes, hommes, femmes et enfants, pourraient passer incognito et se mettre à l’abri du climat d’austérité qui règne actuellement et qui les frappe de plein fouet… Sans oublier le cynisme ambiant et les nombreux scandales de corruption qui dessinent le paysage politique du Québec des dernières années.

Allez, c’est assez, camouflons-nous !

 

Alain Petel
Le 5 avril 2016

 

Une Constitution pour le Québec

 

On a plus parlé des manifestations qui ont perturbé la conférence de M. Jean Charest à l’Université McGill lundi dernier et de ses commentaires sur l’actualité que de sa conférence elle-même et de ses idées. M. Charest suggère entre autres d’adopter une Constitution pour le Québec. Voilà, me semble-t-il, une idée très intéressante. Ne serait-il pas intéressant que M. Charest réunisse les autres anciens premiers ministres (Pauline Marois, Bernard Landry, Lucien Bouchard, Daniel Johnson et Pierre-Marc Johnson) pour une discussion exploratoire et non partisane sur l’opportunité d’un tel projet ?

Je suggère de mettre à l’ordre du jour d’une telle réunion exploratoire les sujets suivants : l’élection du chef d’État du Québec au suffrage universel, un système électoral à deux tours pour l’élection du chef de l’État québécois et des membres de l’Assemblée nationale, ainsi qu’une séparation plus nette des pouvoirs exécutif et législatif qui donne plus de liberté et d’indépendance à nos députés.

Je suggère aussi d’afficher sur un des murs de la salle de rencontre la citation historique d’un autre ancien premier ministre : « Le Québec est, aujourd’hui et pour toujours, une société distincte, libre et capable d’assumer son destin et son développement. »

 

Jean-Pierre Cloutier
Montréal, le 5 avril 2016
 


Commotions cérébrales : la roulette russe

 

La commotion cérébrale dans le sport est beaucoup mieux documentée et prise en charge sur le plan médical, mais les protocoles de gestion se situent dans le domaine de la prévention secondaire, c’est-à-dire après coup. « Mieux vaut prévenir que guérir »est un adage qu’on semble avoir remis aux oubliettes. Les épidémiologistes impliqués en maladie accidentelle ont ajouté cette phrase : rien n’est moins accidentel qu’un accident, puisqu’il est évitable dans la majorité des cas.

Nous apprenons maintenant par de l’information privilégiée que les propriétaires de club et le grand manitou de la Ligue nationale de hockey se préoccupent davantage de protéger leurs arrières que de protéger des joueurs qui acceptent de jouer à la roulette russe pour la gloire et des salaires faramineux.

Depuis que les joueurs portent le casque, l’incidence des commotions a augmenté, comme elle a augmenté chez les joueurs de football qui, de mémoire d’homme, ont toujours porté le casque. […]

C’est le leadership médical qui doit plutôt imposer les règles de la prévention de ce fléau qui frappe des sportifs professionnels dans la fleur de l’âge. L’occasion est belle, à l’heure où les promoteurs de la Ligue nationale de hockey ne comprennent pas pourquoi le nombre de buts a baissé de façon notable. Et si les joueurs avaient la chance de jouer !

 

Léon Dontigny, médecin
Le 5 avril 2016