La parole à nos lecteurs

La confiance

 

« J’ai confiance en Sam Hamad. Ma confiance en lui n’est pas diminuée par les événements des derniers jours » (Philippe Couillard, le samedi 2 avril 2016). Alors même qu’il quitte ses fonctions en raison d’accusations de corruption gravissimes qui pèsent sur lui (participation à du lobbying illégal, financement illégal, bris de secret ministériel et trafic d’influence de ministre au profit d’une entreprise privée), Sam Hamad est appuyé inconditionnellement par le premier ministre Philippe Couillard et le Parti libéral du Québec.

Ces derniers n’ont en effet rien trouvé de mieux à faire pour rassurer la population sur l’intégrité du gouvernement que de maintenir cet homme au sein du caucus libéral et de lui laisser tous ses privilèges de ministre (salaire, voiture de fonction, chauffeur, etc.). Ce même Sam Hamad qui est déjà sous la surveillance du Directeur général des élections et du Commissaire à l’éthique de l’Assemblée nationale, ce même Sam Hamad qui a fui en Floride pour oublier les moments difficiles qui l’accablent le temps de vacances impromptues, est appuyé de tout coeur par nul autre que le chef de l’État québécois.

Ce laxisme et cette complaisance dans l’impunité sont absolument inacceptables de la part d’un homme qui dirige de surcroît un parti dont la réputation est déjà fortement entachée. Si Philippe Couillard ne congédie pas Sam Hamad sur-le-champ et qu’il continue de lui donner son appui inconditionnel, c’est lui qui devra démissionner et déclencher des élections anticipées. En démocratie, quand un gouvernement a perdu toute légitimité, c’est la seule chose qui reste à faire.


Nino Gabrielli
Montréal, le 4 avril 2016

 

Le cancer libéral

 

Philippe Couillard continue de nier l’évidence, mais le cancer de la corruption ronge le Parti libéral. Curieux tout de même pour quelqu’un ayant pratiqué la médecine.

Le virus est apparu au lendemain de l’élection de Jean Charest à la tête du gouvernement du Québec en 2003 et s’est introduit insidieusement à l’intérieur du parti. Ce n’est que quelques années plus tard que les premiers symptômes sont apparus. On convoque alors un comité d’experts chargé d’étudier le mal en question. Malheureusement, ceux-ci divergent d’opinion sur la nature et l’étendue de la maladie. Le patient, le Parti libéral, se croit donc en rémission.

Surprise ! On découvre récemment une première tumeur. On procède rapidement à des traitements en vue de l’éliminer dans l’espoir que tout ira pour le mieux. Mais le mauvais sort s’acharne et on voit une autre tumeur apparaître. Ayant pris trop de temps à reconnaître son cancer, le Parti libéral ne peut espérer survivre sans un traitement radical. Devrait-on faire appel aux services de Gaétan Barrette, lui qui ne fait pas dans la demi-mesure ? Mais il est peut-être trop tard.


Philippe Dorais
Sherbrooke, le 3 avril 2016

 

Ras-le-bol…

 

Question d’une éducatrice à monsieur Sébastien Proulx : si une travailleuse perd son emploi en CPE à la suite de vos compressions, aura-t-elle droit à une généreuse indemnité de départ ? Pour elle aussi, vous prenez le risque qu’elle soit sans revenu, et ce, peut-être davantage que quelques semaines. Elle aussi a des enfants et un budget familial à respecter.

Monsieur Sam Hamad… Comme cette même éducatrice était intégrée dans une équipe de travail dynamique, qu’elle était aimée des enfants et qu’elle aimait beaucoup ces derniers. Comme elle croyait au système des CPE et qu’elle y était un élément important auprès des petits et de leurs parents, vous comprendrez certainement qu’elle aussi est brûlée et soucieuse. Toutefois, elle ne gardera pas sa limousine et tentera plutôt de conserver sa vieille Honda !

Monsieur Couillard… Vous comprendrez que ce n’est pas avec noblesse et générosité qu’elle se retirera, à l’instar de monsieur Hamad, mais avec une grosse rancoeur et beaucoup de chagrin de quitter un idéal !

 

Carole Girouard
Le 5 avril 2016