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La parole à nos lecteurs

CLSC : besoin d’explications intelligentes

 

Chers CLSC,

Est-ce que vous pourriez publier un feuillet à propos des transformations en cours, car c’est à n’y rien comprendre… Une description, des explications ? Peut-être aussi des illustrations graphiques, un organigramme ? Des chiffres provinciaux ?

C’est inquiétant d’entendre le ministre de la Santé dire que les CLSC sont un échec. Que veut-il dire par là ? Et qu’est-ce qu’il mijote ? Qu’est-ce qu’un GMF (groupe de médecine familiale) ? Quelle différence au juste ?

Et maintenant, nous apprenons que 46 % des travailleurs sociaux seront transférés dans les GMF. Où iront les autres ? Que feront ceux qui ont besoin de leur parler ?

Peut-être que ça prend plus qu’un feuillet, au fond. Ce n’est pas de la propagande que j’aimerais lire, mais une publication qui pèserait le pour et le contre.

Lorsque je me présente au CLSC, peut-être que ce n’est plus un CLSC. Mon rendez-vous annuel avec mon médecin, c’est avec une infirmière que je l’ai eu. Je n’ai pas d’objection, je fais confiance aux infirmiers. Mais on devrait nous expliquer tous ces changements et leurs répercussions, et pas juste nous dire « c’est mieux ». On se sent infantilisés, et puis même les enfants méritent des réponses sophistiquées.

L’absence d’information me fait penser que personne n’ose nous dire la vérité : mesures d’austérité. Car ça ne marche jamais mieux avec moins de ressources, peu importe les astuces de la réorganisation.

 

Mary Ellen Davis,
Montréal, le 30 mars 2016

 

Un avertissement au syndicat d’Air Canada

 

De qui les ex-employés d’Aveos sont-ils réellement les victimes ? D’Air Canada ou de leur syndicat intransigeant qui veut adapter les conditions de travail aux réalités d’une industrie en profonde mutation ?

Les pertes d’emplois chez Aveos nous remémorent ceux perdus dans le secteur de l’automobile, avant que leur puissant syndicat accepte de revoir les ententes collectives afin de sauvegarder ce qui reste de l’industrie syndiquée en Amérique.

En résumé, au cours des dernières décennies le secteur de l’aéronautique s’est développé de façon exponentielle. Air Canada a été contrainte, comme nombre d’entreprises établies de longue date, de s’adapter à la concurrence de nouveaux transporteurs, dont Air Transat. Ces nouveaux compétiteurs jouissant d’un ratio de masse salariale bien inférieur à celui de l’industrie, avaient beau jeu de réduire, à profit, les prix courants.

Par obligation, sous peine de disparaître comme nombre de transporteurs américains, l’entreprise devait donc prendre les grands moyens pour diminuer ses coûts d’exploitation afin de retrouver la rentabilité. Entre autres choses, se libérer d’ententes contractuelles contraignantes datant d’une autre époque, nauséabondes pour les actionnaires et astreignantes à des fins administratives.

À l’impossible nul n’est tenu, dit l’adage. Par extension, en état de survie, nul n’est tenu à ses engagements. N’était-ce pas le cas d’Air Canada en situation financière très précaire au moment de larguer Aveos ? D’ailleurs, pour certains analystes, le pronostic de phase terminale sur Air Canada demeure pertinent. Pour comparaisons, rappelons que, à la suite de sa faillite, GM a été dégagé d’importants engagements envers ses retraités.

Décidément, pour la survie d’Air Canada et autres, les centrales syndicales devront accepter le fait qu’elles n’ont plus le monopole sur les relations de travail dans un secteur d’activité donné. Également réaliser, que dans un contexte de mondialisation, la concurrence ne vient plus du village voisin, mais de continents lointains.

Enfin bref, les syndicats devront revoir leurs points de comparaisons dans les négociations au risque de disparaître eux-mêmes, faute de syndiqués.

 

Fernand Lavigne
Le 2 avril 2016