La parole à nos lecteurs

Pourquoi développer davantage les sables bitumineux ?


Lettre à la ministre Catherine McKenna
 

Dans votre toute dernière intervention publique sur la décarbonisation et la transition économique, vous utilisez des mots et tentez de nous vendre des stratégies que tout citoyen préoccupé par l’environnement et les changements climatiques n’aime pas entendre.

Oui, le Canada a besoin d’emplois, mais pourquoi faut-il que ces emplois soient « pétroliers » ? Et surtout, pourquoi faut-il que ces emplois pétroliers croissent ? Les sables bitumineux de l’Alberta produisent déjà au-delà de deux millions de barils de pétrole par jour. Cette production génère des emplois. Pourquoi ne pas se satisfaire de ce niveau de production ? Y aurait-il pénurie mondiale de pétrole pour que cette nécessité d’accroître la production s’impose ?

Le Canada veut décarboniser l’économie, et cela prendra du temps, dites-vous. Mais cet objectif serait plus rapidement réalisé si on ne permettait pas d’accroître la production.

Par ailleurs, ce ne sont pas seulement les « impacts environnementaux » qui devraient présider au choix de construire ou de ne pas construire l’oléoduc de TransCanada Pipeline. Cette analyse doit se faire après que la nécessité stratégique de proposer ou non la réalisation d’un tel projet aura été établie. Évoquons « le pire » : si on maintenait l’exploitation des sables bitumineux à son niveau actuel, la nécessité de construire l’oléoduc disparaîtrait. Ce sont des arguments comme celui de la croissance inéluctable de l’économie canadienne, et surtout celle de l’exploitation des sables bitumineux, qui mènent à l’impossibilité d’atteindre rapidement un niveau souhaitable de décarbonisation. Cette approche nous mène droit au mur.

Les citoyens mettent leurs espoirs dans cette vision nouvelle que votre gouvernement évoquait. Quand vous définissez cette approche nouvelle dans le détail, l’espoir en prend un coup.


Charles-Antoine Drolet
Le 30 mars 2016

 

Le libre-échange a été testé, maintenant il faut conclure

 

Conseiller en développement économique pendant 28 ans pour le gouvernement du Québec, je le confirme : il faut reculer.

Le libre-échange n’a du sens pour les pays évolués que lorsqu’il est pratiqué par des entités avec des systèmes sociaux équivalents. Autrement, les coûts sociaux engendrés dépassent largement les avantages obtenus. Ce n’est pas un problème de taux de chômage ou de décroissance économique, mais d’utilisation de la main-d’oeuvre et d’occupation du territoire.

Le vrai choc : l’application de l’accord de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) au début des années 2000. Les industries du textile, de l’habillement et de la chaussure, qui étaient la force économique de certaines régions du Québec, ont été anéanties.

Les régions se sont rabattues sur les ressources naturelles lorsqu’elles en avaient. Un secteur d’activité dangereux, car très cyclique. J’ai parcouru toute la province pendant de nombreuses années. Jamais les régions du Québec n’ont été aussi vulnérables.

Depuis lors, même à Montréal, des secteurs stratégiques ont pratiquement disparu, notamment la biopharmacologie… Et vous voyez maintenant le secteur aéronautique se tourner vers les pays à bas salaire.

L’accord de partenariat trans-pacifique est une erreur. Nous mettons en compétition nos gens avec des pays dont les conditions de travail sont ridiculement basses. Ce n’est pas un accord économique, mais un accord politique, dans le but d’isoler la Chine.

Stop ! Maintenant, il faut reculer !

 

Jacques Plante
Le 30 mars 2016