La parole à nos lecteurs

La responsabilité de la réussite de votre école

 

Dans l’angle mort des statistiques de l’éducation du Québec, nous retrouvons bon an, mal an entre 25 % et 30 % de jeunes qui n’obtiennent pas leur diplôme d’études secondaires avant l’âge de 20 ans. Qui sont-ils ? Ces jeunes ont un nom, une histoire de vie, une famille. Ils occupent un territoire, habitent un quartier, un village.

Qui peut les aider à réussir ? Pour l’AQPDE, le projet de loi 86 qui modifie la gouvernance des commissions scolaires, rapproche l’école du lieu de décision et assure une plus grande place aux parents, bien que perfectible, est une partie de la réponse. Il place les directions d’établissement scolaire au coeur des décisions et est le point de départ d’une mobilisation collective auprès des jeunes qui ont besoin d’un coup de pouce pour réussir à se faire une place dans notre société.

Les directions d’établissement scolaire avec leur personnel sont les mieux placées pour créer un environnement propice à la réussite. Ce sont elles qui peuvent choisir les stratégies efficaces en réponse aux besoins particuliers des élèves ; qui sont en mesure de dire si un élève doit être inscrit dans un parcours individualisé ; qui peuvent déterminer le service spécialisé nécessaire à un jeune en difficulté pour l’amener vers la réussite. Chaque école doit obtenir plus d’autonomie pour adapter ses actions, en finir avec les solutions uniques. C’est ce que le projet de loi 86 propose.

Nos jeunes sont les leaders de demain. Ils seront le moteur économique et social de nos régions. Accorder un plus grand pouvoir décisionnel aux membres de la communauté devient impératif. L’AQPDE en appelle au ministre et aux oppositions afin qu’ils procèdent à l’adoption de ce projet de loi, avec les modifications qu’il requiert. […]

 

Danielle Boucher
Le 16 mars 2016

 

Intégration public-privé en santé

 

Le financement par activité qui devrait remplacer le budget global historique des hôpitaux constitue ce qu’il est convenu d’appeler la troisième réforme du ministre de la Santé Gaétan Barrette, après celles des structures et de l’accès aux médecins de famille. Espérant qu’elle aura les effets bénéfiques escomptés en économie et en productivité, elle aura le mérite de donner l’heure juste alors que le ministre déplore des variations de coûts pouvant aller du simple au double.

L’ajout d’activités de Centres médicaux spécialisés (CMS) permettra également d’obtenir les coûts réels, se rappelant que les rapports financiers du projet pilote Hôpital du Sacré-Coeur et Rockland MD étaient inconstants et parfois contradictoires. Dès lors que nous disposons d’un suivi comptable rigoureux et transparent, la table est mise pour établir un plan de financement adapté à cette intégration public-privé.

La chirurgie ambulatoire a pris beaucoup d’expansion et les hôpitaux doivent gérer des volumes considérables et de longues listes d’attente, alors que certains CMS sont particulièrement bien adaptés à ce genre d’intervention. […]

Ce plan pourrait s’inspirer de modèles américains comme la Clinique Cleveland ou Kaiser Permanente, que le Dr Barrette a déjà cité en exemple. Ce sont des organismes sans but lucratif très performants qu’il faudrait développer davantage au Québec. La solution serait le mode privé conventionné qui relève du domaine public en santé et en éducation. Quoi qu’il en soit, un modèle d’intégration s’impose puisque ce projet doit se présenter clairement comme une extension du système public et non un glissement vers le système privé.

 

Léon Dontigny
Le 10 mars 2016