La parole à nos lecteurs

La fin de la taxe santé

 

Grosse manchette : c’est la fin de la taxe santé au Québec. Cela arrive une année plus tôt que prévu par le plan du gouvernement. Une promesse est une promesse. Les mesures d’austérité étaient aussi inscrites dans le programme électoral du Parti libéral du Québec. Puisque peu de gens les lisent en détail, ils se sont réveillés avec des coupes budgétaires jusque dans leur cour.

La nouvelle sur la taxe santé devrait être confirmée lors de la présentation du budget, ce jeudi. L’entrée en vigueur de cette mesure devrait amener 734 millions de moins dans les recettes de la province.

C’est une bonne nouvelle pour le « petit monde ». Les Québécois les moins fortunés qui n’ont pas accès à l’assurance médicaments n’auront plus à payer.

Les autres devront continuer à débourser pour leur assurance médicaments auprès de leurs assureurs. Cela signifie une forme d’injustice, mais, bon, on n’en fera pas un plat. Nous, la classe moyenne, allons encore payer, comme à l’habitude, et nous taire.

Malgré cela, il faut saluer la bonne gestion des finances du Québec, même si tous en paient en peu le prix.


Benoît Voyer
Sainte-Thérèse, le 15 mars 2016

 

Le sénateur et le pitre

 

On les dit tous les deux populistes. L’analogie est insupportable. Car, entre Bernie Sanders et Donald Trump, il y a toute la différence entre un authentique démocrate épris d’égalité et de liberté et un démagogue de carnaval, imbu de son ego et suant le toc et le fric. Le langage de Sanders est celui de l’espoir et du bien public, celui de Trump se nourrit de colère et alimente la haine. […]

 

Sam Haroun
Montréal, le 12 mars 2016

 

Prudence, M. Couillard

 

Le premier ministre Couillard considère que le relèvement annuel du nombre d’immigrants de 50 000 à 60 000 personnes aurait pour effet de favoriser la croissance économique même si cette idée est contredite par plusieurs études d’économistes. Le premier ministre partage le point de vue du président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Si la position du premier ministre a été influencée par celle du patronat, j’aimerais lui rappeler les commentaires d’Adam Smith, qu’on ne peut soupçonner de tendances socialistes ou xénophobes, selon lesquels toute proposition venant de la classe des gens d’affaires avant de devenir une loi ou un règlement « doit toujours être reçue avec la plus grande défiance et n’être adoptée qu’après un long et sérieux examen, auquel il faut apporter, je ne dis pas seulement la plus scrupuleuse, mais la plus soupçonneuse attention ». L’intervention de François Legault, chef de la CAQ, était tout à fait justifiée et ne méritait pas d’être qualifiée d’intolérante par le premier ministre. Il est pour le moins excessif d’associer la plus élémentaire prudence à de l’intolérance.

 

Gaétan Lévesque
Laval, le 13 mars 2016
 

Une excuse tordue

 

Le MAC présente de plus en plus souvent des oeuvres numériques avec une bande sonore originale anglaise, sous prétexte que, selon son directeur John Zeppetelli, « en cette ère de mondialisation et de circulation des oeuvres et des idées, le MAC ne pourrait limiter ses choix de programmation artistique à des considérations linguistiques ».

Cette excuse est un peu facile. Faut-il rappeler que des milliers d’oeuvres littéraires ont été connues par la traduction, que le cinéma fait appel aux sous-titres et au doublage pour assurer sa diffusion, que de nombreuses pièces de théâtre sont adaptées de langues étrangères, que l’opéra utilise maintenant des sous-titres électroniques ?

La responsabilité du MAC, même si l’art « se situe à l’abri de la Charte de la langue française », n’est pas seulement de nous offrir des oeuvres internationales remarquables, mais de nous les rendre intelligibles. Comme plusieurs visiteurs, dont Mme Colette Bernier, qui a eu la bonne idée de rappeler que le musée n’est pas situé à New York, je souhaite que le nouveau dynamisme du MAC ne s’adresse pas qu’aux « happy few ».

 

Jacques Godbout
Le 12 mars 2016