La parole à nos lecteurs

Couillard féministe ? Ni en mots ni en actions

 

Mon dictionnaire encyclopédique dit que le mot féministe est épicène : il a les deux genres. Et en voici la définition : quelqu’un « qui travaille à assurer l’égalité des femmes et à leur épanouissement dans la société… »

Les féministes, hommes et femmes, agissent donc afin d’améliorer la condition et les droits des femmes dans notre société. Pas l’inverse. Or, on sait qu’avec leurs mesures d’austérité, les libéraux ont fait beaucoup de tort aux femmes. Dans Le Devoir du 25 avril 2015, Marie-Hélène Alarie a écrit à juste titre que « les femmes consentiront près de 7 milliards de dollars de plus que les hommes à l’effort d’austérité » imposé par le gouvernement Couillard.

Et l’auteure Aurélie Lanctôt a bien eu raison d’intituler son essai sur les conséquences de l’austérité libérale Les libéraux n’aiment pas les femmes.

En effet, depuis 2012, on constate que les femmes ne font pas partie des « vraies affaires » libérales. Pas étonnant alors que Couillard et Cie s’en prennent à ce qui touche davantage les femmes : la santé, l’éducation, les garderies, etc.

Le 4 mars, Anne-Marie Dussault nous a révélé que la ministre de la Condition féminine, Lise Thériault, n’avait pas voulu participer à une simple discussion sur l’état du féminisme à l’émission 24/60. Trouvez l’erreur ! Les libéraux ont aussi refusé de participer au Sommet des femmes tenu les 3 et 4 mars.

Invitée à l’émission Deux hommes en or du 4 mars, Sophie Brochu, présidente et chef de la direction de Gaz Métro, a dit que « toute personne ayant une tête sur les épaules doit être féministe », et qu’on devrait être reconnaissants « envers les premières féministes qui nous ont précédées et tracé le chemin vers l’égalité des sexes ».

À juste titre, Mme Brochu a aussi dit que, côté féminisme, les gestes parlent. En effet, les gestes parlent. Et ils parlent beaucoup. Le 2 mars, quand une journaliste a demandé à Philippe Couillard s’il était féministe, il a refusé de répondre.

Il a bien fait : étant donné tout ce qu’il a fait subir aux femmes depuis 2012, Philippe Couillard aurait été bien malvenu de se prétendre féministe !

 

Lise Warren
Shawinigan, le 6 mars 2016

 

Aveos : Québec et Aéro Montréal ont failli à la tâche

 

L’annonce sauvage de la fermeture d’Aveos a pris tout le monde par surprise un dimanche après-midi de mars 2012. Le lendemain, 19 mars, l’entreprise était définitivement fermée. En tout, 1800 personnes perdaient leur emploi.

Air Canada avait pourtant l’obligation légale de maintenir un service d’entretien d’aéronefs à Montréal. Il faut se rappeler qu’Air Canada employait en 2007 3500 personnes pour faire l’entretien de ses avions à sa division ACTS de Dorval ; division qui deviendra l’année suivante Aveos.

Une fermeture d’usine, particulièrement dans un secteur industriel de pointe, est toujours un événement dramatique.

Le plus triste est toutefois que les gouvernements Charest et Couillard ne se sont jamais souciés des conséquences de cette fermeture. Pire encore, les entreprises québécoises du secteur aérospatial, regroupées au sein de la grappe industrielle Aéro Montréal, ne se sont pas mobilisées pour ravoir cette activité à Montréal et défendre les travailleurs mis à pied.

Depuis dix ans, la grappe Aéro Montréal est financée en grande partie par les deniers publics. Elle a été mise sur pied pour rassembler tous les acteurs du secteur aéronautique et spatial afin qu’ils travaillent ensemble à promouvoir et à développer ce secteur. Quels intérêts Aéro Montréal a-t-il représentés et défendus dans ce dossier aéronautique ?

Malgré les belles déclarations du genre « on travaille très fort pour maintenir et créer des emplois », dans ce cas, tous ont ignoré l’important potentiel de création d’emplois par la relance de l’entretien des avions d’Air Canada à Montréal.

Le manque de vision du gouvernement Couillard dans ce dossier est évident ; une décision favorable de la Cour suprême du Canada aurait grandement amélioré sa position de négociation face à Air Canada. […]


Serge Tremblay
Le 25 février 2016