La parole à nos lecteurs

Gêné par mes ancêtres de Sainte-Adèle

 

Pauvre Claude-Henri Grignon ! Combien de fois, par lundi soir, doit-il se retourner dans sa tombe devant la triste adaptation de son magnifique roman Un homme et son péché ? Le péché n’est pas là où l’on pense : une gênante défiguration d’un chef-d’oeuvre.

Tous les lundis, on nous propose des personnages d’une vulgarité inouïe, à l’exception de Donalda et de Séraphin, curieusement. La goutte d’eau à faire déborder le vase, elle nous vient du frère de Donalda qui lui dit, dans son mécontentement d’imbécile : « Si tu n’m’donnes pas les 50 $, m’â t’péter la yeule. [sic] » On est à des années-lumière de Downton Abbey ! Pas de saison 2, de grâce.

Un summum de honte et de gêne à endurer une telle addition d’une langue écorchée, d’un vocabulaire de « gars de chantier », de femmes aux airs de putain ou de menteuse ou de voleuse, d’une fausse représentation de l’argent, d’un déluge de consommation de boisson, d’une violence de gars d’arène au moindre problème.

On pourrait mettre quelques bémols : la prestation des acteurs, la qualité des costumes, la beauté de rares paysages, la musique, fort bien. Mais il n’était pas nécessaire de vouloir concurrencer la conduite « du coureur des bois canadien-français » méthode Hollywood, tant décriée récemment. Le petit train du Nord aura mille fois raison de perdre le Nord et de crier « chou »…

À l’âge de « Siffleux », j’ai connu le curé Simon Bluteau dans son beau presbytère de Saint-Félicien ; il ferait rougir de honte le grotesque curé Labelle, presque un voyou ! Quand on entrait au presbytère de Mgr Bluteau, on n’y voyait que beauté, calme, culture, silence, échanges polis…

Comment Radio-Canada a-t-elle pu accepter une telle relecture d’une oeuvre légendaire ? Cette déplorable version mériterait une mise à l’index si c’était encore possible !

S’il vous plaît et de grâce, n’allez pas tenter d’exporter un tel ouvrage. À remettre sur le métier de M. et Mme Poudrier pour sauver une parcelle de leur honneur !

 

Martin Girard
Sainte-Thérèse, le 1er mars 2016

 

Souriez !

 

Bienheureux le citoyen qui ne s’est pas retrouvé entre les mains du matricule 728, en 2012. Je dis « citoyen », puisque sa rage ne semblait pas s’adresser qu’aux gratteux de guitare ou aux carrés rouges et autres miséreux de même nature, mais bien à tout le monde en général. Là-dessus, sans vouloir m’étendre sur son comportement inacceptable, tout a été déjà dit sur le sujet. Il est bon de se souvenir que c’est bien le gouvernement Charest qui, à ce moment, avait laissé se détériorer le climat social de façon telle que c’est le SPVM, qui s’était retrouvé seul au bâton pour tenter de ramener de l’ordre dans la cité. On connaît la suite. Manifestations au quotidien, présence de casseurs, parades de casseroles, etc. Policiers à bout de nerfs, poivre à volonté, situations qui tournent à la vinaigrette et grandes brassées dans le panier à salade. Depuis ces événements marquants, chaque fois qu’il y a une intervention policière quelque part en ville, quelqu’un brandit son téléphone portable pour filmer la scène. C’est devenu automatique. À tel point que les autorités pensent désormais munir de caméras les policiers, pour que ceux-ci puissent filmer à leur tour. Je filme, tu filmes, nous filmons. Mais où s’en va donc la vie privée dans tout ça ? On ne le sait pas. Souriez, vous êtes filmés.

 

Alain Petel
Le 1er mars 2016

 

« Quebexit »

 

Le gouvernement du Québec est incohérent. Il veut accroître la richesse, mais il vote pour la pauvreté. Il ferme la porte économique partout tout en proclamant qu’il est ouvert aux investissements privés pouvant accélérer la croissance. Ce scénario ressemble étrangement à ce qui se passe en Grande-Bretagne, où se pose la question de savoir si oui ou non le pays doit continuer à faire partie de l’Union européenne : Britain out or in ? Brexit ?

Porteur d’une promesse électorale de 250 000 emplois en cours de mandat, le premier ministre Couillard se ceint maintenant de la vertu verte et affirme que tout développement au Québec doit être subordonné à l’acceptabilité sociale, ce qui signifie que tout projet d’importance est condamné aux pétitions, aux condamnations et aux injonctions. Quel partenaire d’affaires voudra s’impliquer au Québec sachant d’avance qu’il peut perdre son temps et son capital ? Quel investisseur voudra prendre le risque de se voir, en fin de course, comme tous les Pétrolia du monde, se faire botter le cul comme un dégénéré ?

 

Jean-Guy Laurendeau
Le 1er mars 2016
1 commentaire
  • Jean Richard - Abonné 3 mars 2016 08 h 18

    Séraphim 2.0

    Le nouveau Séraphim du lundi soir, il ne fait rien d'autre que de suivre à la tendance radio-canadienne : américaniser nos médias, la télévision dans ce cas-ci.

    La recette gagnante de cette télévision américanisée, de cette télévision importée, c'est la violence, le sang et le sexe. Il y a pourtant de bonnes idées dans cette série. Le Séraphim peu loquace qui comptait ses pièces d'or cachées dans son grenier est devenu un Séraphim spéculateur, maniganceux et fortement corrompu. Ce Séraphim modernisé n'est pas sans intérêt, bien au contraire. Toutefois, ce nouvel éclairage reste en arrière-plan, le premier plan étant occupé par les beuveries, la brutalité, le sexe et les clichés.

    Et aux cinq minutes on a droit à de l'auto-publicité de la télé d'état canadienne, auto-publicité qui nous convie à d'autres séries où la violence est à l'honneur. Les Québécois francophones sont-ils à ce point assoiffés de violence ? Ce n'est pas certain. Peut-être (sans doute) que Radio-Canada leur en donne plus qu'ils n'en demandent.

    Il serait temps de revoir le rôle de la société d'état. Si elle s'est donné celui de nous abrutir, va-t-on devoir pleurer sur son amaigrissement ?

    À la radio, l'américanisation se fait sur la langue. Encore ce matin, à la radio régionale de Montréal, l'animateur et son écho trouvaient le tour de tenter de ridiculiser les chroniqueurs du Devoir qui se portent à la défense du français. Cette allusion à la défense du français suivait une surdose d'éloges à l'endroit de Dead Obies, l'avenir du Québec s'il n'en tient qu'à Radio-Canada. Je n'ai rien contre Dead Obies, mais si je dois apprendre une autre langue, ce ne sera pas la leur. Je comprends le français et l'anglais mais je n'ai rien compris de la supposée géniale chanson qu'on nous a fait tourner au 95,1 ce matin.