La parole à nos lecteurs

L’ABC du féminisme pour la ministre Thériault

 

On apprenait cette semaine que Lise Thériault, ministre de la Condition féminine, affirme être « beaucoup plus égalitaire que féministe » (Le Devoir, lundi 29 février 2016). Mme Thériault n’a-t-elle aucune idée de ce qu’est le féminisme ? S’imagine-t-elle qu’il s’agit d’un mouvement qui vise à donner aux femmes l’essentiel du pouvoir, une tentative d’inversion du sexisme perpétré envers les femmes depuis des millénaires ? Misère ! Il est navrant de constater que notre nouvelle ministre est si peu informée à propos des fondements mêmes du féminisme. Je lui propose sans hésitation de venir assister à un de mes cours au cégep ; mes étudiants et moi-même nous ferons un plaisir de lui expliquer tout ça. Nous en profiterons par ailleurs pour lui faire comprendre pourquoi, contrairement à ce qu’elle semble penser, il ne suffit pas d’un « Tu veux prendre ta place ? Faire ton chemin ? Let’s go, vas-y ! » lancé aux femmes pour éradiquer les inégalités entre les sexes qui existent malheureusement encore dans notre société.


Véronica Ponce
Montréal, le 29 février 2016

 

Pour le français au Québec

 

Événement particulièrement rare dans la vie politique québécoise, nous avons assisté la semaine dernière à une conférence de presse commune des chefs des deux principaux partis de l’opposition à l’Assemblée nationale. Ils faisaient front commun pour défendre les employés d’Aveos congédiés en 2012. L’idée était excellente et elle avait d’autant plus de poids qu’elle était véhiculée d’une même voix par M. Péladeau, du PQ, et M. Legault, de la CAQ. Je suggère de répéter cette expérience pour cette fois se porter à la défense de la langue française au Québec. Les journaux nous apprenaient récemment que la loi 101 s’avérait incapable d’assurer l’intégration à la majorité francophone d’une bonne partie des immigrants adultes, que de nombreux immigrants adultes (60 %) ne suivaient pas de cours de français et que, dans peu de temps, les francophones sur l’île de Montréal ne seraient plus que 42,3 % de la population si l’on augmente à 60 000 le nombre d’immigrants reçus annuellement, comme les libéraux prévoient le faire. Le PQ pourrait faire de nouveau front commun avec la CAQ dont l’idée d’un rapatriement d’un certain nombre de pouvoirs liés à l’identité québécoise est déjà dans les plans. Pourquoi ne pas ajouter les forces du PQ et réclamer du fédéral, lors de la prochaine campagne électorale, le rapatriement exclusif de tous les pouvoirs en lien avec l’identité québécoise : l’immigration, la langue, la culture et les communications. Si le fédéral refuse, un référendum serait tenu et il serait certainement gagnant puisqu’il serait appuyé par la majorité des francophones du Québec ainsi que par Québec solidaire et Option nationale. Cette stratégie pourrait contribuer à battre les libéraux aux prochaines élections puisque plusieurs des 25 % de francophones qui votent pour eux (les nationalistes) pourraient être tentés par l’idée d’assurer une fois pour toutes la pérennité du français au Québec. Cessons nos divisions et unissons-nous pour une intégration harmonieuse de tous les immigrants, clé de l’avenir du français et de l’identité québécoise.


Claude Bachand
Laval, le 25 février 2016

 

La liberté artistique

 

À Tout le monde en parle dimanche 28 février, il a été question de l’affaire Mike Ward. Au cours de la discussion, Jean-François Mercier a invoqué à quelques reprises la liberté artistique. Il faudrait peut-être préciser que la liberté artistique n’a rien à voir avec un droit quelconque d’insulter les gens. La véritable liberté artistique est celle qui permet aux artistes de critiquer des pouvoirs spirituels ou temporels en place, ou de s’en moquer, sans crainte de représailles. À l’époque des monarques absolus, le fou du roi incarnait la notion de liberté artistique. Dany Turcotte aurait pu expliquer cette notion à M. Mercier.

 

Eugène Sauvé
Gatineau, le 29 février 2016