Joute partisane sur le thème de l’exploitation sexuelle

La vice-première ministre Lise Thériault a affirmé qu’il est « archifaux de dire que le gouvernement a arrêté des travaux ou qu’on a mis sur la tablette des rapports ».
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne La vice-première ministre Lise Thériault a affirmé qu’il est « archifaux de dire que le gouvernement a arrêté des travaux ou qu’on a mis sur la tablette des rapports ».

La mise au jour d’un document de travail sur l’exploitation sexuelle qui date de 2014 a donné lieu mercredi à des échanges musclés à l’Assemblée nationale à propos de la présumée inaction du gouvernement Couillard dans le dossier.

Le document, que Le Devoir a pu consulter, rapporte que les « nouvelles pratiques sexuelles associées à de l’exploitation sont en émergence chez les jeunes » partout au Québec. On peut y lire que les centres jeunesse sont « les lieux privilégiés de recrutement de mineures », que les membres de gangs de rue sont les principaux recruteurs de mineures et que l’activité policière en matière de prostitution est « faible ».

Le document, qui résulte de consultations menées auprès de 193 organismes, était destiné à l’ex-ministre de la Condition féminine, Agnès Maltais. Mais il n’a pas entraîné d’actions concrètes, a dénoncé l’opposition. « Le gouvernement avait en main, en avril 2014 [après son élection], les recommandations pour agir. Qui a décidé de ne rien faire ? » a demandé la porte-parole péquiste en matière de condition féminine, Carole Poirier.

« Il y en a un, rapport sur la table, et aucune des recommandations du rapport n’ont été mises en oeuvre [par les gouvernements Marois ou Couillard]. C’est rapport par-dessus rapport, mais d’ici ce temps-là, qu’est-ce qu’on fait concrètement ? » a aussi réclamé le caquiste André Spénard.

Trop tard

 

En réponse, la ministre responsable de la Protection de la jeunesse, Lucie Charlebois, a rappelé qu’un vérificateur avait été nommé en matinée dans le dossier du Centre jeunesse de Laval et que l’ensemble des directeurs généraux d’établissements allaient être rencontrés.

Mais c’était trop peu, trop tard. Ses collègues Lise Thériault et Stéphanie Vallée sont venues à sa rescousse en organisant un point de presse. « Il est faux, faux, archifaux de dire que le gouvernement a arrêté des travaux ou qu’on a mis sur la tablette des rapports », a affirmé Lise Thériault. Si le document n’a pas encore mené à la mise à jour du plan d’action pour prévenir et contrer l’exploitation sexuelle, attendue depuis 2014, c’est simplement parce qu’il a poussé le gouvernement à élargir la réflexion afin d’y inclure la question des femmes autochtones, notamment. « Au cours des prochaines semaines, vous aurez un plan d’action global », a promis la ministre Thériault.

En Chambre, le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, a annoncé un plan pour « agir en répression » contre les gangs de rue.

Dans le rapport qu’on reproche au gouvernement d’avoir tabletté, il est plutôt question de sensibilisation, de services de réduction des méfaits, de travail de proximité ou du retour des cours d’éducation sexuelle, disparus des écoles primaires et secondaires en 2005.

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