Des déclarations qui ouvrent la voie à des recours judiciaires, selon le PQ et la CAQ

Les fonctionnaires obéiront aux ordres du gouvernement, a déclaré mardi le premier ministre Philippe Couillard.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Les fonctionnaires obéiront aux ordres du gouvernement, a déclaré mardi le premier ministre Philippe Couillard.

Le premier ministre Philippe Couillard s’expose à des poursuites judiciaires pour avoir tué à coups de « déclarations malheureuses » le projet d’exploitation des hydrocarbures enfouis sur l’île d’Anticosti, sont d’avis le Parti québécois et la Coalition avenir Québec.

« On sent jaillir la poursuite judiciaire », a déclaré le chef péquiste, Pierre Karl Péladeau, lundi après-midi.

Selon M. Péladeau, les dirigeants de Pétrolia et de Junex pourront difficilement demeurer les bras croisés quant aux déclarations-chocs faites par M. Couillard au fil des dernières semaines et ainsi se soustraire de leurs « responsabilités » à l’égard de leurs actionnaires, y compris Ressources Québec. « J’ai bien peur, tristement, que ça finisse devant les tribunaux », a-t-il dit.

Le chef du gouvernement a défendu ses sorties médiatiques des dernières semaines contre l’exploration et l’exploitation de pétrole et de gaz de schiste sur l’île du golfe Saint-Laurent. « Si je restais passif devant une telle agression envers un milieu naturel du Québec, on me blâmerait d’être au service de l’industrie pétrolière. Les mêmes personnes ici me diraient : “Comment se fait-il que vous permettiez ça ?” » a-t-il lancé lors d’un impromptu de presse en marge du caucus des élus libéraux.

M. Couillard a cependant écarté la possibilité de rompre le contrat l’obligeant à investir 57 millions de dollars dans les activités d’exploration pétrolière et gazière sur Anticosti avant d’avoir pris connaissance d’une étude hydrogéologique commandée par le ministère de l’Environnement. « C’est clair qu’on va être excessivement attentifs aux résultats des études sur l’eau », a-t-il affirmé.

Les résultats de cette étude détermineront la suite des choses. « Si en cours de route, il y a un problème relié à l’eau, c’est clair qu’on n’ira pas faire de la fracturation », a indiqué le ministre des Ressources naturelles, Pierre Arcand.

De son côté, le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a soutenu à La Presse canadienne qu’« il n’y [aura] aucune forme d’ingérence politique dans ce processus ».

M. Couillard a toutefois affirmé que les fonctionnaires « feront ce qu’on leur dira ».

Le chef caquiste, François Legault, a pressé M. Couillard de cesser de « bougonner quand les journalistes lui posent une question sur Anticosti » et de déployer « un plan » pour relancer l’économie québécoise et créer des emplois. « Les Québécois ont le droit d’être plus riches », a-t-il fait valoir.

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« Bien, il aurait peut-être fallu agir lorsque le chef de l’opposition a vendu Nurun à Publicis [une compagnie française] »

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« C’est au premier ministre du Québec de répondre des conséquences de ses coupes sur la santé de nos jeunes. On parle de maux de tête, on parle de vomissements, on parle de toux, d’asthme. On a même, M. le premier ministre, découvert du radon dans une des écoles, un gaz qui est cancérigène, puis, imaginez-vous donc, on a fermé l’école. Puis, dans la région de Québec, il y a une école qui est infestée de rats. »

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« Que ce soit au Québec ou au Burkina Faso, la menace islamiste est désormais réelle. Plus que jamais, le Québec et le Canada doivent prendre acte du danger qu’elle représente. Ils ne doivent reculer devant aucun moyen pour la combattre, pour l’éradiquer. Jamais nous ne renoncerons à nos valeurs. »

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2 commentaires
  • Bernard Terreault - Abonné 10 février 2016 09 h 41

    Au fond

    Aussi bien le gouvernement Charest que celui de Marois ont fait une mauvaise affaire financière en risquant notre argent dans ce projet. Avec le prix actuel des hydrocarbures et le coût de la fracturation, le pétrole ou le gaz d'Anticosti n'ont aucune chance d'être payants, du moins pour dizaines d'années. Mais Couillard essaie de faire passer une décision économiquement justifiée pour une protection de l'environnement -- à ce compte il devrait s'opposer à la dévastation abominable des paysages et de la faune albertaine par l'exploitation des sables bitumineux.

  • Jacques Morissette - Abonné 10 février 2016 23 h 22

    Le privé est-il dans l’œil du compas?

    Avec la façon dont Philippe Couillard défend l'idéologie du Privé, c'est à se demander s'il ne fait pas exprès pour que ces prétolières le poursuivent et que le gouvernement soit obligé de payer les pots cassés à force de soi-disant manquer de vision stratégique.