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Discours sur l'état de l'Union - Bush défend fermement sa politique en Irak

Washington — Le président américain George W. Bush a fermement défendu hier soir sa politique en Irak, assurant que l'Amérique n'avait besoin de la permission de personne pour partir en guerre, et affirmant que la reconstruction du pays était difficile ma1is justifiée.

À dix mois de l'élection présidentielle, M. Bush a cherché, lors du discours sur l'état de l'Union, à contrer les nombreuses critiques de ses adversaires politiques ou dans la communauté internationale en plaçant ce conflit dans le cadre plus large de la lutte contre le terrorisme et pour la démocratie.

«L'Amérique ne demandera jamais la permission pour défendre la sécurité de ses citoyens», a déclaré M. Bush devant le Congrès, faisant allusion à l'opposition de nombreux pays, dont la France, l'Allemagne ou la Russie, à ce conflit lancé sans le feu vert de l'ONU. Assurant que Washington avait recueilli un «large soutien» international, il a estimé qu'il y avait «une différence entre conduire une coalition de plusieurs pays et se soumettre aux objections d'un petit nombre». Dix mois après la chute de Saddam Hussein, alors que les attentats et les manifestations se multiplient et que des soldats américains continuent d'être tués quasi quotidiennement, il a reconnu que la tâche de la reconstruction était «dure», mais a estimé dans la foulée qu'elle était «juste».

Le président américain a également placé sa politique en Irak dans le cadre d'une volonté de réformer le Proche-Orient. Il a ainsi indiqué qu'il allait demander au Congrès quelque 40 millions de dollars supplémentaires pour un fonds destiné à appuyer les réformes dans cette région, citant la promotion d'élections libres, de l'économie de marché ainsi que d'une presse et de syndicats indépendants.

«Tant que le Proche-Orient restera en proie à la tyrannie, au désespoir, à la colère, il continuera à produire des hommes et des mouvements qui menacent la sécurité de l'Amérique et de nos amis», a-t-il déclaré.

Il n'a fait aucune référence directe au conflit israélo-palestinien ou aux efforts de paix, actuellement dans l'impasse, au risque de décevoir le monde arabe qui dénonce le manque d'engagement américain dans ce dossier.

Tout juste a-t-il placé Jérusalem dans une liste d'autres lieux frappés par le terrorisme, comme Bali, Casablanca, Mombasa, Istanbul et Bagdad.

M. Bush a mis en exergue l'exemple du dirigeant libyen Mouammar Kadhafi — jusqu'à présent rarement cité en modèle par les États-Unis — pour sa volonté annoncée en décembre de se débarrasser de tout programme d'armes de destruction massive et à se soumettre à des inspections internationales.

M. Bush a estimé que la fermeté avec Bagdad avait permis le succès libyen. «Pour que la diplomatie soit efficace, les paroles doivent être crédibles et personne ne doit douter de la parole de l'Amérique», a-t-il dit.

Sans reprendre sa célèbre formule sur «l'axe du mal» lancée il y a deux ans dans le même hémicycle, M. Bush n'a pas oublié deux pays en faisant partie —la Corée du Nord et l'Iran —, qu'il a appelés à éliminer leurs programmes nucléaires.

Malgré l'absence de découverte à ce jour des stocks d'armes de destruction massive censés avoir été détenus par Saddam Hussein, et qui ont servi à justifier la guerre, M. Bush a assuré que le régime irakien était en contravention avec ses obligations internationales dans ce domaine.

La commission d'enquête dirigée depuis mai par l'Américain David Kay «a déjà identifié des dizaines de programmes liés aux armes de destruction massive ainsi que des montants significatifs d'équipements que l'Irak avait dissimulés aux Nations Unies», a-t-il dit.

Avec l'élection de novembre en ligne de mire, il a interpellé «certains dans cette Chambre, et dans notre pays, qui n'ont pas soutenu la libération de l'Irak», avant de leur lancer que «pour tous ceux qui aiment la paix et la liberté, le monde est meilleur et plus sûr sans le régime de Saddam Hussein».