Discours sur l'état de l'Union - «Terminons le travail», dit Bush

Le président américain, George W. Bush, révisant le discours sur l’état de l’Union, en compagnie de la conseillère pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, et du directeur de l’équipe de rédaction des discours, Mike Gerson.
Photo: Agence Reuters Le président américain, George W. Bush, révisant le discours sur l’état de l’Union, en compagnie de la conseillère pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice, et du directeur de l’équipe de rédaction des discours, Mike Gerson.

Washington - Le président américain George W. Bush devait appeler hier soir les Américains à ne pas «laisser notre travail inachevé», dans son discours sur l'État de l'Union, dont des extraits ont été rendus publics à l'avance par la Maison-Blanche.

Cet appel prend une valeur particulière à moins de 10 mois de l'élection présidentielle américaine et au lendemain du début des primaires du parti démocrate dans l'Iowa. C'est l'occasion de dresser un bilan de son action et d'esquisser les grands thèmes de sa future campagne pour la présidence. M. Bush devait profiter de cette tribune pour présenter son programme électoral.

«L'Amérique, ce soir, est un pays appelé à de grandes responsabilités. Et nous nous levons pour y faire face, devait-il déclarer. Nous n'avons pas fait tout ce chemin, à travers la tragédie, l'épreuve et la guerre, pour chanceler et laisser notre travail inachevé.»

Par ce discours, le président américain devait se placer dans la position du commandant en chef en charge des problèmes de la population, au-dessus des clivages politiques, tout en mettant les démocrates dans la peau de simples candidats à sa succession.

«L'Amérique est à l'offensive contre les terroristes, devait-il rappeler. Notre plus grande responsabilité est la défense du peuple américain. Vingt-huit mois ont passé depuis le 11 septembre 2001 - plus de deux ans sans un attentat sur le sol américain - et il est tentant de croire que le danger est derrière nous. Cet espoir est compréhensible, réconfortant et faux.»

George W. Bush devait également défendre à nouveau les guerres en Irak et en Afghanistan. «Le travail de construction d'un nouvel Irak est dur mais il est juste, juge-t-il. Et l'Amérique n'a jamais rechigné à faire ce qu'il fallait pour ce qui est juste.»

«Grâce à l'autorité et à la détermination américaine, le monde est en train de changer en mieux», devait-il ajouter. Il y a un an, il préparait le pays à la guerre. Cette fois, il allait plaider en faveur de l'occupation américaine en Irak, où le nombre de GI tués vient de franchir la barre des 500.

Sur le plan économique, le discours se veut optimiste quant à la reprise économique et exhorte le Congrès à prendre les mesures nécessaires pour faire en sorte que cette reprise dure. M. Bush devait chercher à tenter de convaincre ses concitoyens que sa politique de baisses d'impôts a permis de relancer la machine et qu'il va désormais s'attaquer à la création d'emplois: «Nous devons répondre en aidant plus d'Américains à se doter des capacités nécessaires pour trouver de bons emplois dans notre nouvelle économie», dit-il notamment.

M. Bush devait achever son intervention par un long chapitre sur les questions intérieures, à un moment où l'attention de l'opinion se recentre sur ces sujets. Selon un sondage ABC News-Washington Post publié hier, la proportion des Américains qui souhaitent qu'il consacre la plus grande partie de son discours à ces thèmes est passée de 31 % en janvier 2002 à 40 % aujourd'hui.

Avec un taux de 58 %, selon un sondage publié dimanche, la cote de confiance de M. Bush est la plus haute enregistrée par un président américain à ce stade de son mandat depuis Eisenhower en 1956. Sa politique contre le terrorisme est approuvée par 66 % des sondés mais il est beaucoup moins bien perçu sur des questions intérieures comme la santé, l'immigration et l'économie.