Gabriel satisfait de sa rencontre avec Pelletier

Le gouvernement Charest a poursuivi son opération de restauration de sa crédibilité dans la gestion de la crise à Kanesatake, hier avec une rencontre au sommet entre le ministre des Affaires autochtones, Benoit Pelletier, et le grand chef du conseil de bande, James Gabriel.

Le ministre Pelletier a réaffirmé qu'il reconnaît James Gabriel comme le grand chef de Kanesatake, se disant prêt à l'aider le cas échéant. Il n'a cependant pas précisé la nature de cette aide.

La rencontre entre les deux hommes ne visait pas à établir un plan précis pour le retour de M. Gabriel à Kanesatake, ni même à lui prêter assistance pour rétablir son autorité. «Il ne faut pas perdre de vue que c'est un problème autochtone. Ils veulent avoir une certaine autonomie pour régler les problèmes de la façon dont ils le souhaitent», a dit M. Pelletier.

James Gabriel s'est dit pour sa part satisfait de cette reprise du dialogue avec le gouvernement du Québec. Il a perçu chez son interlocuteur une réelle ouverture à la discussion. «C'est évident que l'intention ce soir, ce n'était pas de sortir avec un plan complet pour régler tous les problèmes à Kanesatake, a dit M. Gabriel. Mais c'était un premier pas important».

M. Gabriel était accompagné des trois chefs qui l'appuient au conseil de bande (Marie Chéné, Doreen Canatonquin et Clarence Simon), de même que son chef de police déchu, Terry Isaac. Il n'a pas voulu dire quand, ni comment il retournera à Kanesatake.

La rencontre a permis de discuter entres autres de sa sécurité, de la gouvernance, et de la légitimité politique du grand chef et de ses partisans.

Même s'il a été blâmé par le ministre de la Sécurité publique, Jacques Chagnon, pour avoir démis le chef de police Tracy Cross de ses fonctions sans consulter la minorité au conseil et le comité de police, James Gabriel ne regrette pas les décisions qu'il a prises, sauf une. «Si c'était à refaire, je prendrais plus de garanties pour que nos partenaires soient là», a-t-il dit, en faisant référence au désistement de dernière minute de la Sûreté du Québec dans l'opération ratée de lundi pour remplacer M. Cross.

De son côté, le ministre Pelletier a réitéré sa solidarité avec son collègue Jacques Chagnon, qui a pris «les meilleures décisions qui soient dans les circonstances» afin d'éviter «un bain de sang».

M. Pelletier a enfin déploré le silence et la discrétion du gouvernement fédéral, qui est pourtant l'ultime responsable des affaires autochtones.