Trois sites de résidences pour loger 3200 étudiants étrangers

Pour soulager une partie de la crise du logement qui sévit à Montréal, les universités montréalaises placeront en 2007-08 dans la Cité universitaire internationale 3200 étudiants, répartis sur trois sites de résidences distincts dans la métropole.

Afin de loger des étudiants venus d'ailleurs et de mettre un baume sur les importants problèmes de résidence vécus par l'ensemble des sept établissements universitaires montréalais, la Cité universitaire internationale divisera ces 3000 places en trois endroits différents, comme l'a appris Le Devoir: l'un près de la future Grande Bibliothèque du Québec, l'autre au nord du mont Royal et un dernier dans le sud-ouest du centre-ville.

Selon nos informations, le projet de Cité universitaire internationale devrait voir le jour en 2007-08 et son financement total pourrait osciller entre 250 et 300 millions de dollars. Les résidences, dont le prix moyen serait fixé entre 400 et 500 $ par mois par unité, permettront d'autofinancer le projet. Des locaux à vocation culturelle, comme des salles de spectacle et d'exposition, font aussi partie des scénarios envisagés.

Voilà ce qu'a confirmé cette semaine Guy Berthiaume, vice-recteur aux affaires publiques et au développement de l'Université de Montréal, et aussi président du comité technique qui était chargé de mener la réflexion sur ce projet. «Il y a plusieurs façons d'aborder ce projet emballant et, franchement, nous croyons qu'il s'agit d'une manière intéressante de résoudre une importante partie des problèmes de logement que connaît Montréal», a-t-il affirmé, évoquant des retombées

économiques évaluées à 240 millions par année.

Sept établissements universitaires montréalais sont engagés dans cette idée de cité étudiante, lancée lors du Sommet de Montréal par le maire Gérald Tremblay. Ainsi, l'Université de Montréal, McGill, Concordia, l'Université du Québec à Montréal (UQAM), Polytechnique, HEC et l'École de technologie supérieure constituent les antennes universitaires de la métropole qui pourraient diriger des étudiants, étrangers ou autres, vers les trois sites privilégiés.

«Nous ne pouvons pas encore identifier les sites afin d'éviter que le marché des spéculateurs ne s'emballe», explique M. Berthiaume, qui précise au passage que la construction d'édifices neufs est privilégiée par rapport à l'achat de constructions prêtes pour l'hébergement, même si «aucun scénario précis n'est encore arrêté».

Les environs de la future Grande Bibliothèque du Québec accueilleront un des trois édifices et les étudiants de l'UQAM pourront y être naturellement destinés. Le nord du mont Royal constituera un autre des trois sites, et les clients potentiels seront issus de l'UdeM, des HEC et de Polytechnique. Quant au secteur sud-ouest du centre-ville, ce sont plutôt les étudiants de Concordia, de l'ETS et de McGill qui pourraient y être destinés. «La cité doit être vue comme un tout, rien n'obligera les étudiants d'un établissement de se destiner à un site en particulier», prédit Guy Berthiaume.

Plusieurs étapes doivent encore être franchies avant la réalisation de l'entreprise. La création d'une société autonome (un OSBL composé des partenaires financiers du projet, universités en tête, et de la Ville de Montréal) est envisagée, a expliqué le vice-recteur.

Alors que le Groupe Cardinal Hardy a procédé à l'étude de préfaisabilité qui a privilégié la division du site en trois, le projet doit maintenant faire l'objet d'une étude de faisabilité, qui étudiera notamment les coûts précis liés à l'achat des sites convoités. Pour l'heure, des évaluations préliminaires prédisent que de 50 à 60 millions manqueront au montage financier, ce pour quoi les ordres de gouvernement fédéral et provincial seront sollicités.

La totalité de l'entreprise coûtera entre 250 et 300 millions, croit Guy Berthiaume. Une fois construites, les résidences s'autofinanceront.

Chacun des trois sites pourrait aussi avoir une «mission» additionnelle en plus de loger les étudiants. Un centre administratif, un espace consacré au sport — doté d'un terrain de soccer, par exemple — et un centre culturel pourraient ainsi être attribués à un des sites en particulier. «Nous voulons que cette cité ait une dimension culturelle», explique Guy Berthiaume, citant la Cité universitaire de Paris en exemple. Salles d'exposition et salle de spectacle sont prévues à au moins un des trois sites, et des espaces verts agrémenteront aussi les emplacements choisis.

Le flot d'étudiants étrangers qui s'amènent à Montréal chaque année — évalués à 16 000 à l'automne 2002 — a grandement motivé cette entreprise. «Si on n'est pas en mesure de garantir des places aux étudiants étrangers, ce n'est pas compliqué, ils ne viendront pas», poursuit le vice-recteur.

Alors que l'université McGill a récemment acheté l'hôtel Renaissance pour le convertir en résidences étudiantes de luxe, dont le prix s'établit à 1200 $ par unité, nourriture comprise, le projet de Cité universitaire internationale n'exigera pas une somme de ce type, assure Guy Berthiaume. Une variété de logements pourrait toutefois être offerte, de la chambre simple au studio pouvant loger deux ou trois personnes en passant par l'appartement pouvant accueillir une famille de quatre ou cinq personnes.