Citizenfour – L’histoire d’Edward Snowden

Photo: Films Séville

En janvier 2013, la réalisatrice américaine Laura Poitras reçoit un courriel crypté signé « Citizenfour ». Derrière ce pseudonyme : Edward Snowden, analyste informatique sous-traitant de la National Security Agency, qui se dit prêt à révéler les pratiques illégales et abusives de cet organisme dans la surveillance des communications des citoyens à travers le monde. Le sonneur d’alarme a choisi Poitras, car elle-même, en tant qu’auteure de documentaires d’enquête sur les agissements du gouvernement des États-Unis depuis les attentats du 11-Septembre, se sait espionnée par les autorités. La cinéaste convainc alors Snowden de se laisser filmer tandis que deux journalistes du Guardian, Glenn Greenwald et Ewen MacAskill, recueillent ses révélations explosives dans la chambre d’un hôtel de Hong Kong du 3 au 11 juin 2013.

Les vingt premières minutes de ce documentaire laissent présager un compte rendu consciencieux, conventionnel et un peu aride de l’affaire Edward Snowden. C’est seulement lorsque ce dernier apparaît à l’écran que le spectateur prend conscience d’assister à un événement historique sur le vif. D’abord à l’aise devant la caméra, le dénonciateur courageux et très articulé devient plus nerveux au fur et à mesure que l’efficace Glenn Greenwald divulgue ses informations à la télé et dévoile son identité, l’obligeant à organiser en vitesse sa fuite, tout cela sous nos yeux. Captivant thriller politico-médiatique, formidable exercice de cinéma-vérité, ce dernier volet de la trilogie de Laura Poitras sur l’Amérique post-11-Septembre, après My Country, My Country sur la guerre en Irak et The Oath sur Guantanamo, a remporté l’Oscar du meilleur documentaire en février dernier.

(3) É.-U., 2014, 114 min. Documentaire de Laura Poitras.