Raviver la flamme du Théâtre des Grands Chênes

«Pierre et Marie… et le démon» est ce qu’il est convenu d’appeler un hymne à l’amour.
Photo: Guy Samson «Pierre et Marie… et le démon» est ce qu’il est convenu d’appeler un hymne à l’amour.

Ces dernières années, après avoir connu une période faste sous le règne de Marcel Leboeuf et Normand Chouinard, les temps ont été durs pour le Théâtre des Grands Chênes. Cet été, le vent pourrait bien tourner.

Dans la vaste salle climatisée de Kingsey Falls, Jean-Bernard Hébert et Jean-Léon Rondeau ont programmé Pierre et Marie… et le démon, une comédie pleine d’esprit signée Michel Marc Bouchard. Créée en 1997, par Martin Faucher, la pièce, qui n’a pas pris une ride, est cette fois mise en scène par Nicolas Gendron.

Une promesse

 

Dévorés par la routine, le travail et les comptes à payer, Pierre et Marie sont rapidement devenus un vieux couple. Pourtant dans la force de l’âge, ils ne sont plus que l’ombre d’eux-mêmes. Un matin, au lendemain d’une fête très arrosée, ils découvrent qu’ils ont passé une nuit pour le moins mouvementée en compagnie d’un charmant jeune homme.

À Blaise, le démon du titre, Pierre et Marie auraient de surcroît fait une promesse pas banale : celle de l’aimer jusqu’à la fin de ses jours. Rien de moins. À propos de la nuit comme de son engagement, le couple affirme qu’il ne se souvient de rien. Vous aurez compris que la vie des amoureux sera à jamais transformée par le passage de ce jeune homme.

On le sait, lorsque vient l’heure de repousser les limites de la comédie estivale, Michel Marc Bouchard n’a pas son pareil. Il y a les situations cocasses, les quiproquos et les péripéties en rafale, bien entendu, mais il y a surtout des personnages d’une humanité désarmante, dessinés avec soin, et des sujets délicats, comme la bisexualité ou l’extinction du désir, abordés avec doigté.

Hymne à l’amour

En ce sens, Pierre et Marie… et le démon est ce qu’il est convenu d’appeler un hymne à l’amour. Au fil de leurs tribulations avec Blaise (Jean-Philippe Baril Guérard), mais aussi avec le patron (Jean-Léon Rondeau) et la collègue de Marie (Debbie Lynch-White), le couple (Stéphane Gagnon et Marie-Eve Pelletier) va reprendre contact avec ses valeurs fondamentales.

La mise en scène de Nicolas Gendron est limpide, sa direction d’acteur sensible, jamais caricaturale, autrement dit au diapason du texte. Alors que tous les comédiens font belle figure, il faut avouer que Marie-Eve Pelletier, tout en nuances, est pour beaucoup dans le plaisir que procure cette soirée à Kingsey Falls.

Pierre et Marie… et le démon

Texte : Michel Marc Bouchard. Mise en scène : Nicolas Gendron. Une coproduction du Théâtre ProFusion et du Théâtre Alexe-Maïka. Au Théâtre des Grands Chênes (356, boulevard Marie-Victorin, Kingsey Falls) jusqu’au 22 août.

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