Déblocage en vue avec la Corée du Nord

Washington — Les États-Unis se sont déclarés hier encouragés par une proposition de la Corée du Nord de ne pas produire ni faire l'essai d'armes nucléaires, laissant entrevoir une lueur d'espoir pour résoudre la crise.

«C'est un développement intéressant de leur part, un développement positif, et nous espérons que cela nous permettra de reprendre plus rapidement les discussions à six, a déclaré le secrétaire d'État américain, Colin Powell, à des journalistes. Je suis encouragé par la déclaration des Nord-Coréens», a-t-il ajouté.

La Corée du Nord a proposé hier de ne pas procéder à des essais ni de fabriquer d'armes atomiques dans le cadre d'une «concession audacieuse» — selon les termes de l'agence officielle nord-coréenne KCNA — aux États-Unis pour faciliter un règlement de la crise sur son programme nucléaire.

Après de premières discussions multilatérales tenues en août entre les États-Unis, le Japon, la Russie, la Corée du Sud, la Corée du Nord et la Chine, qui n'ont rien donné, la perspective de nouveaux pourparlers à six s'est plusieurs fois éloignée. Après l'évocation faite au début janvier pour une reprise des discussions, la Corée du Sud a parlé hier de «la première moitié de l'année».

«Je suis convaincu que les six parties veulent revenir à la table des discussions. Ne pas être autour de cette table ne veut pas dire que nous ne nous parlons pas», a souligné Colin Powell, en précisant que certains des six pays avaient des contacts directs avec la Corée du Nord. «Nous faisons beaucoup» pour résoudre la crise, a-t-il assuré.

Ce que souhaite Washington, c'est que de nouvelles discussions ne soient pas simplement des pourparlers, mais qu'elles se traduisent par «de réels progrès» au bout du compte, a fait valoir le chef de la diplomatie américaine.

L'appel au dialogue a été lancé par Pyongyang pendant que deux délégations américaines, sans mandat officiel toutefois, se rendaient hier en Corée du Nord, dont elles pourraient visiter le principal site nucléaire.

En faisant sa proposition, la Corée du Nord a demandé qu'en échange les États-Unis prennent «simultanément» des mesures de réciprocité, comme le fait de rayer la Corée du Nord de la liste des pays accusés de soutenir le terrorisme, de lever différentes sanctions et de reprendre ses livraisons de carburant suspendues après les révélations sur ses programmes nucléaires.

Colin Powell n'a pas abordé précisément, hier, ces demandes nord-coréennes.

Washington insiste pour que Pyongyang abandonne son programme nucléaire sans conditions préalables et de manière vérifiable et définitive. La Corée du Nord, dont le but ultime est d'obtenir des garanties de sécurité, réclame des concessions initiales en échange d'un gel du programme nucléaire, avant une reprise du dialogue.

Washington a rejeté l'idée de la Corée du Nord pour des actions «simultanées», se disant seulement prêt à discuter du déroulement des discussions multilatérales.

Sans adopter un ton aussi optimiste que Colin Powell, la Corée du Sud a estimé hier que la dernière proposition de Pyongyang signalait un désir nord-coréen de dialogue, sans toutefois contenir de réelle nouveauté.