Frigon reçoit le mandat de redresser les Boutiques San Francisco

Gaétan Frigon, qui jouait un rôle de conseiller depuis un certain temps auprès de la direction des Boutiques San Francisco, accepte maintenant le mandat de chef de la restructuration et, à ce titre, il devra préparer un plan, de concert avec Richter et Associés, le contrôleur nommé par la Cour.

Dans le communiqué diffusé hier en fin d'après-midi pour annoncer cette nomination, M. Frigon fait l'unique commentaire suivant: «Même si le contexte n'est pas facile, il est important de tout mettre en oeuvre pour préserver le maximum d'emplois parmi l'effectif actuel de 2500 personnes. C'est la raison pour laquelle, à la demande du conseil d'administration, j'ai accepté ce mandat de redressement. Compte tenu de la gravité de la situation, des décisions difficiles devront être prises et c'est ce à quoi je m'emploierai dans le meilleur intérêt des employés, des fournisseurs, des créanciers, des actionnaires et des autres partenaires.»

Le plan de restructuration à mettre au point devra être présenté à la Cour d'ici au 15 janvier. Il ne faudra donc pas attendre d'autres commentaires de la part de M. Frigon et du conseil d'administration avant la divulgation de ce plan qui, de toute évidence, sera sévère. Il s'agit pour M. Frigon et Richter & Associés de mettre au point un plan de restructuration opérationnelle, commerciale et financière.

M. Frigon en acceptant ce rôle ne devient pas président et chef de la direction, poste qui était occupé par Sylvain Toutant, lequel a remis sa démission le 19 décembre dernier. Tout comme un autre administrateur, Pierre Hébert, M. Toutant avait aussi démissionné du conseil d'administration. Il mentionnait alors que la situation de l'entreprise nécessitait un autre type d'expérience que la sienne.

Il faut en déduire que M. Toutant n'était pas prêt à prendre «les décisions difficiles» qui s'imposent, si l'on s'en tient aux mots employés par M. Frigon dans le communiqué d'hier. M. Frigon est, tout comme M. Toutant, un spécialiste du marketing. Toutefois, la tâche de restructuration qu'il accepte ne repose pas entièrement sur ses épaules, puisque Richter & Associés est un bureau reconnu pour sa compétence en matière de liquidation d'entreprises.

Le 17 décembre dernier, Les Boutiques San Francisco demandaient et obtenaient de la Cour supérieure du Québec la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies, afin de proposer un plan de restructuration dans un cadre ordonné pour le bénéfice de toutes les parties en cause. La Cour nommait à cette occasion Richter & Associés comme contrôleur de la restructuration.

La veille de Noël, San Francisco publiait les résultats financiers de son troisième trimestre qui montraient une perte nette de 43,2 millions comprenant une radiation d'actifs de 38,2 millions, principalement à cause de l'effondrement du super-magasin Les Ailes de la Mode au centre-ville de Montréal, qui, après coup, présente on ne peut plus clairement toutes les caractéristiques d'un éléphant blanc.

Cette saignée de fonds se répercute sur l'ensemble du groupe qui compte présentement 117 boutiques au Québec et en Ontario, sans tenir compte des autres actifs qui ont été vendus au fil des mois dans l'espoir de sauver ce magasin du centre-ville, que le président Paul Delage Roberge présentait fièrement lors de son ouverture au début d'août 2002 comme le vaisseau amiral non seulement de tout son réseau de magasins, mais aussi comme un concept nouveau qui allait influencer l'ensemble de l'industrie du commerce de détail.