Une large coalition de parents dénonce les coupes en éducation

Des parents d’élèves de quatre commissions scolaires étaient réunis pour un pique-nique, dimanche.
Photo: Jacques Nadeau Le Devoir Des parents d’élèves de quatre commissions scolaires étaient réunis pour un pique-nique, dimanche.

Mettre des visages sur les compressions en éducation, c’est ce que souhaite faire la Coalition des parents pour l’école publique, un regroupement historique qui réunit sous une même bannière les parents de quatre commissions scolaires de Montréal et des environs.

Réunies à l’occasion d’un grand pique-nique familial dimanche midi, quelques centaines de personnes, dont plusieurs enfants, en ont profité pour dénoncer, une fois de plus, les réductions budgétaires que l’on observe depuis quelques mois dans le milieu scolaire.

« La raison d’être d’un événement comme celui-ci est de faire comprendre au ministre [François Blais] et à toute la population que ces coupes annoncées chaque semaine, chaque mois, ont un impact concret sur le terrain », soutient la porte-parole francophone de la Coalition, Ève Kirlin.

En entrevue avec Le Devoir, cette mère de quatre enfants a d’ailleurs souligné que c’est pour cette raison que les événements du groupe sont très familiaux. « Le gouvernement a tendance à oublier que derrière les colonnes de chiffres, il y a des enfants. »

« On est en train de sacrifier cette génération », lance pour sa part Pascale Grignon du regroupement « Je protège mon école publique ». Ce groupe, qu’on a pu voir en action le 1er juin dernier lorsque des centaines de personnes ont formé des chaînes humaines aux quatre coins du Québec, a tenu à joindre sa voix dimanche à celle de la nouvelle coalition parentale.


« Les parents sont inquiets, choqués, par ce qu’ils voient sur le terrain, dénonce Mme Grignon. Que l’on parle de la hausse des ratios dans les classes ou de la diminution du nombre de spécialistes disponibles, ce sont des décisions qui ont un impact direct sur nos enfants et qui finissent par avoir un effet dramatique sur leur apprentissage. »

Regroupement historique

La Coalition des parents pour l’école publique regroupe actuellement les comités de parents (CP) et les comités consultatifs des services aux élèves handicapés et en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (CCSEHDAA) de la Commission scolaire de Montréal, l’English-Montréal School Board, la Commission scolaire de la Pointe-de-l’Île et la Commission scolaire de Laval. Des délégués de chacune des organisations étaient d’ailleurs présents dimanche pour apporter leur soutien aux parents.

« C’est la première fois qu’une coalition de cette nature voit le jour, précise Ève Kirlin. La première fois que les CP joignent leurs forces à celles des CCSEHDAA, la première fois que les parents de plusieurs commissions scolaires travaillent ensemble, la première fois que les parents francophones et anglophones s’unissent pour une même cause… »

Et si le mouvement se concentre à la grande région de Montréal pour le moment, des parents d’un peu partout au Québec ont déjà manifesté leur intérêt d’y adhérer à leur tour.

« L’école publique gagne à être défendue partout au Québec, pas seulement à Montréal, affirme la porte-parole. Notre système d’éducation est une richesse dont on peut être très fier. Il n’est pas parfait, mais ce n’est pas en coupant davantage qu’on va l’améliorer. »

Avec les vacances d’été qui approchent à grands pas, la mobilisation prendra un temps d’arrêt, afin de reprendre des forces. Un événement festif, un peu comme celui de dimanche, est toutefois prévu au calendrier pour la fin de l’été, à l’aube de la rentrée scolaire. « Vous pouvez être certains qu’on sera prêts pour la rentrée ! »

5 commentaires
  • Gilles Delisle - Abonné 8 juin 2015 08 h 53

    Unis contre la tyrannie!

    La tyrannie gouvernementale n'a pas de limites depuis plus d'un an. Il faut que cela cesse! Quand des freluquets de ce gouvernement là s'attaquent aux jeunes générations pour quelques dollars, c'est inacceptable. Quand on s'attaque aux enfants qui n'ont rien à déjeûner le matin, c'est encore pour sauver quelques dollars. Quand on s'attaque aux enfants hanicapés, à ceux qui ont des problèmes particuliers d'apprentissage, c'est pour sauver encore quelques dollars. Assez de ces ministres aux comportements minables cachés derrière leurs colonnes de chiffres. Je dis " Bravo" à ces parents d'élèves qui sont en train de se liguer contre la tyrannie d'un gouvernement , jamais vue dans les annales de notre histoire. A l'automne, vous ne serez plus seuls à vous battre contre les fossoyeurs de la sociale-démocratie québécoise.

    • Louis Fallu - Abonné 8 juin 2015 09 h 17

      Faudra-t-il chanter le refrain de la Marseillaise, pour que ces dirigeants
      qui ont un porte-feuille comme coeur finissent par entendre la révolte qui gronde.

    • Gilles Delisle - Abonné 8 juin 2015 10 h 16

      M. Fallu,
      Vous avez certainement raison, même si les belles paroles de cet hymne, ne peuvent s'écrire dans ce journal. On pourrait aussi fredonner tous ensemble le "Chant des partisans"!

  • François Dugal - Inscrit 8 juin 2015 09 h 33

    Les vraies affairres

    Comme l'éducation ne fait pas partie des "vraies affaires", celle-ci sera réduite en bouillie par le rouleau compresseur de la "rationalisation"; les électeurs du PLQ approuvent ces mesures d'austérité. Contrairement au citoyen, le consommateur se doit d'être servile.
    De plus, aucun lobbyiste ne défend la qualité de l'éducation; alors, c'est peine perdue.

  • Yves Corbeil - Inscrit 8 juin 2015 09 h 41

    Bravo, bravo, bravo

    Il faut se tenir debout ensemble et c'est ce qui se produit de plus en plus. Je crois qu'on se dirige vers le premier renversement avant terme d'un gouvernement élu. Si ces Libéraux sans âmes et sans aucun sens du devoir sociale ne réajuste pas leur tir ils se dirigent vers la porte du pouvoir.

    Tenons-nous debout tous ensemble face à ces comptables au service de leur maitre Néolibéral. L'équilibre et le bon fonctionnement de notre société en dépends et ce n'est pas en coupant partout dans les services à la population que le bon équilibre sera obtenu.