Le rationnement des services de santé sera évité, promet Barrette

La croissance exceptionnellement faible des dépenses en santé pour l’année qui commence — 1,4 % en 2015-2016 — n’entraînera pas un rationnement des soins prodigués à la population, soutient Gaétan Barrette.

« On n’est pas du tout dans le rationnement, et même pas un peu », a affirmé le ministre de la Santé et des Services sociaux, Gaétan Barrette, lors d’un point de presse qu’il a donné, avec le président du Conseil du trésor, Martin Coiteux, sur l’entente conclue entre le gouvernement et l’Association des pharmaciens d’établissements de santé relativement à leurs conditions de rémunération.

Fraîchement nommés par le ministre à la suite de l’adoption, l’an dernier, du projet de loi de 10 sur la réorganisation du réseau de la santé, les nouveaux dirigeants des centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS) et des hôpitaux, par leur enthousiasme, sauront trouver des solutions, a fait valoir Gaétan Barrette, qui a rencontré, vendredi, l’ensemble des équipes de direction du réseau. « J’ai été le premier ministre de la Santé de l’histoire du Québec à avoir les directions du réseau toutes autourde lamême table, a-t-il signalé. Avez-vous entendu une seule critique ? Non. Pourquoi ? Parce que les gens sur le terrain considèrent qu’on a fait les bons choix. »

« On peut aussi faire des prédictions apocalyptiques, comme je dis toujours, mais, dans les faits, j’ai devant moi des gens compétents, enthousiastes, qui comprennent ce qu’on veut faire et qui veulent le faire. »

Quant à l’augmentation de la charge de travail des médecins omnipraticiens, que prévoit le projet de loi 20, elle n’aura pas d’impacts significatifs sur le budget de la santé en 2015-2016, a indiqué le ministre. Si le projet de loi est adopté tel que prévu d’ici juin, ce n’est que progressivement que les médecins adapteront leur pratique aux quotas imposés par le ministre. « L’effet sur la croissance des services va se voir approximativement 9 à 12 mois après, a-t-il indiqué. Le risque budgétaire, en 2015-2016, est très, très minimal. »

Selon le directeur des communications de la Fédération des médecins omnipraticiens, Jean-Pierre Dion, il est impossible de savoir quel impact auraient les quotas sur la rémunération des médecins si, pour le « plus grand malheur du Québec », le projet de loi 20 était adopté. « On ne sait pas comment les médecins vont réagir, a-t-il dit. Je ne pense pas que les médecins vont changer leur façon de faire. Gaétan Barrette s’imagine ça, mais les médecins, c’est pas tous des money makers. »

2 commentaires
  • Jacques Savard - Abonné 31 mars 2015 07 h 52

    CISSS et critiques

    « J’ai été le premier ministre de la Santé de l’histoire du Québec à avoir les directions du réseau toutes autourde lamême table, a-t-il signalé. Avez-vous entendu une seule critique ? Non. Pourquoi ? Parce que les gens sur le terrain considèrent qu’on a fait les bons choix. »

    Mai qui va oser critiquer le bon Dr. Barette !...sa loi ne prévoit-t-elle pas que c'est lui
    qui nomme, justement, les nouveaux directeurs des CISSS ?...alors, bienvenue la critique !. Les bons choix ?...l'avenir nous le dira...

  • Claude Desmeules - Abonné 31 mars 2015 08 h 44

    Qui osera critiquer ?

    Le ministre de la santé peut bien dire qu'il n'y a aucune critique provenant des nouvelles directions des CISSS. Considérant que la loi 10 lui octroie le "droit de vie ou de mort" sur ces dirigeants, on peut raisonnablement douter que la critique de ces administrateurs se fasse entendre. Ils ont la mission de faire passer la réforme dans le réseau de la santé, même si son ampleur est démesurée ...

    Encore de la démagogie à son meilleur !