La découverte des dessous du parlement

À l’aube du XXe siècle, l’Assemblée nationale a fait incarcérer une poignée de journalistes, dont Olivar Asselin, dans l’hôtel du Parlement. Le Devoir a d’ailleurs visité ce qui s’apparente à une cellule, avec une lourde porte de métal.
Photo: Renaud Philippe Le Devoir À l’aube du XXe siècle, l’Assemblée nationale a fait incarcérer une poignée de journalistes, dont Olivar Asselin, dans l’hôtel du Parlement. Le Devoir a d’ailleurs visité ce qui s’apparente à une cellule, avec une lourde porte de métal.
Le Devoir a parcouru les tunnels où circulent fonctionnaires, journalistes, élus, munis de carte d’accès afin de passer d’un édifice à l’autre de la colline parlementaire, mais également un réseau parallèle de sous-terrains. Accompagné du directeur de la gestion immobilière et des ressources matérielles de l’Assemblée nationale, Guy Huot, il a notamment foulé le sol de tunnels désaffectés et d’égouts fluviaux vieux d’un siècle.



Le passage dérobé de Robert Bourassa

Dans la foulée de la Crise d’octobre, les services de sécurité donnent le feu vert à l’aménagement d’un tunnel sous la Grande Allée à l’usage exclusif du premier ministre Robert Bourassa et de sa garde rapprochée. À compter de 1972, le chef du gouvernement peut accéder au parlement du « Bunker » ou « H » sans croiser le regard d’élus ou d’employés de l’Assemblée nationale. Il s’agit d’un « tunnel double », fait remarquer l’historien de l’Assemblée nationale Frédéric Lemieux. « Il y en avait un pour les fonctionnaires, puis [de l’autre côté d’un mur de briques brunes] il y en avait un juste pour le premier ministre. C’était l’époque du Front de libération du Québec (FLQ). Il n’était pas question que monsieur Bourassa partage le même tunnel que tout le monde. » Quarante-cinq ans plus tard, ce passage encombré de « traîneries » fait parfois office d’aire d’attente pour le Groupe tactique d’intervention de la Sûreté du Québec, surnommé « l’équipe de baseball » par d’anciens fonctionnaires.



Découverte inattendue

Les entrailles de l’Assemblée nationale n’ont pas livré tous leurs secrets au directeur de la gestion immobilière et des ressources matérielles, Guy Huot. D’ailleurs, Le Devoir lui a permis de faire la découverte d’un « tunnel » sous la tour sud de l’hôtel du Parlement. « Je ne savais pas qu’il existait avant aujourd’hui », dit-il, les yeux rivés sur une lourde porte de métal. Il s’agit d’une « voûte en briques qui ne conduit pas très loin », précise-t-il, quelques jours plus tard, après avoir mis la main sur la clé. « C’est un trou pas très plaisant à examiner. Ça correspond à d’autres anciens égouts qu’on a ailleurs sur le terrain. »



La frontière entre le législatif et l’exécutif

Deux immenses réservoirs métalliques remplis de quelque 100 000 litres d’eau chacun reposent sous terre, entre la bibliothèque de l’Assemblée nationale et l’édifice Honoré-Mercier. La transformation de cette chaufferie en stationnement souterrain réservé aux véhicules officiels du premier ministre a été envisagée en 2001 lors du retour du Conseil exécutif dans le bâtiment d’architecture Beaux-Arts sis entre le boulevard René-Lévesque et l’édifice Pamphile-Le May.



Les « pouvoirs » du Parlement 

Des centaines de mètres de tuyaux de différentes couleurs et tailles serpentent les tunnels de la colline parlementaire, croisant souvent des câbles des chaînes de télévision… et parfois des pièges à souris. Ci-dessus, le directeur de la gestion immobilière et des ressources matérielles de l’Assemblée nationale, Guy Huot.
1876
Dix ans après la naissance de la fédération canadienne, le gouvernement du Québec fait l’acquisition du « Cricket Field », propriété du gouvernement fédéral, pour y ériger le siège de son assemblée législative.