Le budget Leitão en bref

Photo: Archives Le Devoir
Coup de pouce pour les fonds de travailleurs

Alors que le gouvernement fédéral travaille à l’abolition de son crédit d’impôt pour les fonds fiscalisés, Québec leur donne un coup de pouce. Ainsi, le crédit d’impôt pour Fondaction CSN qui devait revenir à 15 % cette année — après avoir passé quelques années à 25 % — sera plutôt de 20 %. Cette mesure, qui n’impose aucune limite aux émissions du fonds, coûtera 6,3 millions cette année et 4,5 millions l’an prochain. Québec prévoit aussi d’élargir le mandat du Fonds Valorisation Bois, mis sur pied il y a quelques années avec le Fonds FTQ. Ce fonds pourra maintenant investir dans des sociétés qui développent de nouveaux usages pour la fibre de bois.


Le pétrole pourrait avoir un impact sur la péréquation

Les versements de péréquation continuent d’augmenter malgré la déprime du pétrole, mais celle-ci pourrait entraîner une ponction de 34 millions en 2016-2017 et 860 millions en 2019-2020 si les prix demeurent faibles. Le ministère des Finances, dans son plan budgétaire, a tenu à insister sur le fait que « cette diminution est contrebalancée par des révisions à la hausse provenant d’autres facteurs ». Ceux-ci incluent les transferts pour la santé, qui atteignent plus de 5 milliards et doivent augmenter de 6 et 6,5 % cette année et l’an prochain. Après cela, toutefois, les transferts de santé suivront la croissance nominale de l’économie canadienne, «sous réserve d’un plancher de 3 %».


Fin du gel du recrutement

Le gouvernement Couillard renonce à des mesures importantes visant à réduire la taille de la fonction publique, mais qui avaient des « effets indésirables » sur la gestion de l’État. Québec met fin à la pratique de ne remplacer qu’un fonctionnaire retraité sur deux, qui « présentait plusieurs limites, notamment sur le plan opérationnel ». Le gel du recrutement dans la fonction publique, qui avait été imposé l’an dernier, est aussi mis de côté. Le grand ménage se poursuit malgré tout dans la machine gouvernementale et la fonction publique. Des organismes publics seront fusionnés pour générer des économies de plusieurs dizaines de millions de dollars.


Plan d’action pour prévenir la radicalisation

Le gouvernement libéral déploiera un « Plan d’action québécois pour le dépistage et la prévention de la radicalisation menant à la violence » au coût de 4 millions de dollars sur trois ans. Il entend documenter le phénomène de la radicalisation menant à la violence, prévenir l’adhésion aux idéologies radicales prônant la violence et faire la promotion de « l’édification d’une société inclusive et [du] respect des principes démocratiques », notamment en luttant contre la discrimination et l’exclusion sociale.


Renforcement de l’expertise interne

Québec veut diminuer sa dépendance aux consultants externes et resserrer les critères pour l’octroi de contrats, notamment dans le domaine des technologies de l’information. Chaque année, le gouvernement donne pour plus de 2 milliards en contrats de service, dont une bonne partie pour l’embauche de consultants, peut-on lire dans la stratégie de gestion des dépenses du Québec. Or, le gouvernement aimerait « renforcer l’expertise interne » pour éviter les dérapages que l’on a vus ces dernières années. Il présentera un plan concret pour amener « une gestion rigoureuse » des ressources en technologie en juin prochain. 

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