Lettres: Une âme de pionnier

Le jeune Mario Verdon, d'autres flamboyants inconnus, se joignaient à Leclerc-Dugas et rêvaient d'une carrière. En lavant la vaisselle, à quinze ans, je les entendais rêver, bohémiens moqués, buvant café sur café, au petit caboulot de mon père, rue Saint-Denis. Sa mort récente m'a fait me souvenir d'un maigre temps où un Gaétan Labrèche (papa de Marc), la belle Denise Dubreuil et tant d'autres, faisaient partie du mince peloton «des espérants». C'était avant les écoles professionnelles d'art dramatique, les théâtres subventionnés répandus, c'était le temps des petites noirceurs québécoises. Jean-Paul Leclerc finit par biffer ce Dugas, devint réaliste et s'engagea comme régisseur de plateau, d'abord aux dramatiques de la SRC. Paix à son âme de pionnier.

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