Lumière sur la ville

Rue de la Commune, la nuit. — Photo: Le photographe masqué
Photo: Rue de la Commune, la nuit. — Photo: Le photographe masqué

Pour contrer la noirceur de novembre, une idée lumineuse: sortir sous les étoiles et tourner son attention vers les éclairages qui sculptent les édifices, les rues et les places du Vieux-Montréal une fois la noirceur venue. Une occasion en or de découvrir la ville sous son meilleur jour: la nuit.

En 1998, à l'instar de sa ville jumelle, Lyon, Montréal a choisi de se doter d'un plan lumière de dix ans destiné à mettre en valeur l'architecture de son arrondissement historique. Des lampadaires au gaz de la rue Sainte-Hélène au halo bleuté soulignant la façade de la basilique Notre-Dame en passant par les éclairages changeants de l'hôtel de ville ou du marché Bonsecours, ce sont les résultats de ces efforts que permet de découvrir le circuit pédestre Lumière du Vieux-Montréal des tours Kaléidoscope.

Un regard dirigé

«Une visite de nuit permet une nouvelle lecture de la ville», explique le guide Ivan Drouin à la dizaine de curieux réunis pour l'occasion sur les pavés de la place Jacques-Cartier. «Le jour, l'éclairage général assure une vision d'ensemble du quartier et des bâtiments. Par contre, le soir, la lumière dirigée attire le regard sur des détails qui, autrement, passeraient inaperçus. À l'inverse, évidemment, ce qui n'est pas éclairé disparaît. Et c'est tout aussi intéressant de découvrir ce qui a été mis en valeur que ce qui a été laissé dans l'ombre, et pourquoi.»

Ainsi, l'éclairage direct de l'hôtel de ville insiste sur l'aspect imposant et l'architecture recherchée de l'édifice officiel. De l'autre côté de la rue, une lumière plus diffuse, concentrée au sol, souligne plutôt la chaleur des vieilles pierres du château Ramesay, détournant l'attention des fenêtres de façon à préserver l'intimité des lieux, un clin d'oeil au passé de demeure privée du bâtiment. Plus loin, rue Saint-Paul, la stratégie est tout autre. «Comme les façades des nombreux commerces étaient déjà très éclairées, le plan lumière s'est plutôt attardé au tracé de la rue elle-même, déclare le guide. En concentrant l'éclairage public à certains endroits précis, on a mis l'accent sur les courbes de la rue, qui suivent celles du fleuve. C'est une façon subtile de rappeler que Montréal s'est développée autour de l'activité du port.»

De commentaire esthétique en rappel historique, d'anecdote cocasse en explication technique, la visite mène ainsi d'un bon pas — le froid des nuits de novembre n'est pas tendre pour les inactifs! — à travers un Vieux-Montréal peuplé d'ombres d'aujourd'hui et d'échos du passé qui ne demandent qu'à se rencontrer. «La lumière, assure Ivan Drouin, établit une communication entre celui qui regarde et ce qui est éclairé.» Le temps d'une soirée, laissez donc la ville vous parler...

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Circuit Lumière du Vieux-Montréal

Ce soir et demain soir, de même que les 14 et 15 novembre à 20h

Réservations obligatoires

Renseignements: (514) 990-1872

À noter que les visites seront reprises en février dans le cadre du festival Montréal en lumière. D'ici là, Kaléidoscope offre des circuits qui font connaître la ville souterraine ou, plus particulièrement, les oeuvres d'art exposées dans le métro de Montréal. Pendant tout le mois de décembre, ce sont ensuite les décors de Noël qui serviront de prétexte à un circuit de redécouverte du centre-ville.

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