René Pomerleau - Le véritable père de la mycologie au Québec

Le lapsus que nous avons commis dans un article publié le 12 août dernier en présentant J. André Fortin comme le «père» de la mycologie au Québec a remué la communauté des amateurs de champignons dont un grand nombre ont découvert leur passion grâce à René Pomerleau ou à ses écrits, qui sont devenus des références incontournables pour qui veut manger le produit de sa cueillette.

Parallèlement à ses activités professionnelles de phytopathologiste au ministère provincial des Terres et Forêts, puis au Centre forestier des Laurentides, M. Pomerleau a créé les premiers cercles de mycologues qui ont depuis essaimé dans les principales villes du Québec. Il ne fait donc aucun doute que M. Pomerleau, qui fut lauréat d'un prix du Québec et promu membre de la Société royale du Canada est celui qui a éveillé les Québécois au plaisir de la chasse aux champignons sauvages.

Le professeur J. André Fortin, qui avoue avoir été fortement inspiré dans sa jeunesse par René Pomerleau, est considéré par l'ensemble de la communauté scientifique actuelle comme le pionnier en Amérique du Nord de l'étude des mycorhizes, ces champignons qui vivent en symbiose avec une plante, voire comme une sommité internationale en la matière. M. Fortin a consacré près de 40 années de sa vie à la recherche sur les mycorhizes, dont plus de 24 à la faculté de foresterie et géomatique de l'Université Laval où il a fondé le Centre de recherche en biologie forestière, et sept au Jardin Botanique de Montréal où il fut directeur-fondateur de l'Institut de recherche en biologie végétale.

Même si M. Fortin n'assume plus de fonctions universitaires depuis 1997, il continue de s'intéresser à la passion de sa vie. Il projette une expédition scientifique dans le Nord québécois dans le but d'y évaluer les quantités des différents champignons forestiers, de prédire la rentabilité d'une récolte commerciale et les impacts qu'elle aurait sur cette précieuse ressource.

Notamment, le chercheur-mycologue tentera d'estimer l'abondance des matsutakes, ces champignons très prisés des Japonais. Dénommé Tricoloma magnivelare, les matsutakes appartiennent au genre des tricolomes, dont 25 espèces différentes croissent au Québec. Présents à l'ombre des pins gris, les matsutakes se retrouvent à l'occasion dans la vallée du Saint-Laurent, mais c'est surtout au nord du Lac-Saint-Jean qu'ils abondent en fin de saison estivale. Les amanites de César quant à elles s'associent aux hêtres et aux chênes, deux essences qui foisonnent dans la vallée du Saint-Laurent mais qui sont absentes des forêts nordiques, précise André Fortin.

Du 29 août au 1er septembre prochain, on discutera allègrement de champignons à Saint-Augustin-de-Desmaures en banlieue de Québec. La North American Mycological Association (NAMA) y tiendra sa rencontre annuelle qui devrait rassembler près de 200 mycologues provenant d'une trentaine d'États américains. Organisé conjointement avec les Cercles des Mycologues de Québec et de Montréal, le programme de cette rencontre prévoit plusieurs excursions en forêt susceptibles d'intéresser de nombreux amateurs québécois, qui peuvent se joindre à l'événement.