Québec Solidaire appelle à l’unité des forces de la gauche contre Harper

Françoise David, l'une des deux porte-paroles de Québec solidaire
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir Françoise David, l'une des deux porte-paroles de Québec solidaire

Sitôt élu, sitôt interpellé. Québec Solidaire à appelé ce matin le nouveau chef du NPD, Thomas Mulcair, à «parler encore plus fort» contre les dérives idéologiques «dangereuses» et «inquiétantes» du gouvernement Harper. 

La formation politique provinciale l’invite également à  «rameuter» les forces de gauche au Québec afin de s’attaquer au «démantèlement de la démocratie» et aux atteintes portées récemment contre les réseaux de solidarité internationale par les conservateurs, a dénoncé le groupe. 
 
«Québec Solidaire n’a pas l’habitude d’intervenir sur la scène fédérale, a indiqué au Devoir Françoise David, une des deux porte-paroles du parti de gauche. Mais si nous le faisons aujourd’hui, c’est parce que nous sommes très inquiets. Désormais, il ne se passe plus une semaine sans que Stephen Harper ne vienne déstructurer l’État, les institutions démocratiques, la recherche scientifique, les réseaux de solidarité... Nous sommes devant un travail réfléchi et articulé de démantèlement de la démocratie et il faut s’y opposer». 
 
Changement de cap

En conférence de presse tenue à Montréal, la formation politique portée par Amir Khadir et Françoise David a d’ailleurs appelé ce matin à un changement de cap majeur du gouvernement fédéral en matière de solidarité internationale, d’accueil des réfugiés, d’itinérance et de logement, changement de cap dont le prochain budget fédéral devrait témoigner, selon eux. 
 
«Le gouvernement Harper se préoccupe bien plus des projets militaires et du développement des sables bitumineux que de justice sociale et de respect des droits humains, a dénoncé Édith Laperle, candidate de QS dans la circonscription d’Outremont. La population québécoise est très attachée à ces valeurs et refuse de voir ainsi foulés aux pieds des principes fondamentaux contenus dans la Chartres».
 
De concert avec l’Association Québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), Québec solidaire a d’ailleurs dénoncé ce matin le cadre de l’aide internationale redessiné par les conservateurs au profit du secteur privé, des organisations caritatives à saveur religieuse et surtout au dépens de plus petites organisations, dont plusieurs au Québec, «qui étaient depuis des années au cœur de la solidarité internationale», a résumé Gervais L’Heureux, directeur de l’Association, présent à la conférence de presse. 
 
Le regroupement a d’ailleurs réclamé que le fédéral se rapproche de sa cible d’accorder 0,7 % du PNB à l’aide et au développement international — ce montant est actuellement de 0,3 % — et à le faire sans les ingérences politiques qui semblent devenir la norme un peu partout, y compris lorsque vient le temps de distribuer les fonds consacrés au développement et à l’aide internationale, a-t-il dénoncé. 
 
Le Devoir