Enquête sur l'industrie de la construction - Remise en service du système de courriels

La commission Charbonneau a remis en service ses deux adresses courriel hier soir en donnant l'assurance qu'elles sont maintenant sécuritaires.

Du même souffle, le directeur des communications de la commission, Richard Bourdon, a indiqué que les vérifications internes ont permis de déterminer qu'aucun pirate informatique n'a réussi à s'introduire afin d'intercepter des messages contenant des dénonciations destinées aux enquêteurs. «On nous a assuré qu'il n'y a eu aucune intrusion sur le site Web», a soutenu M. Bourdon.

Le Devoir révélait hier qu'un pirate sans mauvaises intentions (appelé un «chapeau blanc» en jargon informatique) aurait réussi à intercepter sept courriels envoyés à la commission. Quatre de ces courriels portent sur la Ville de Montréal et des gestes douteux qui s'y seraient déroulés au cours des dernières années; des noms y sont révélés.

À la Ville, on indiquait hier que le service du contrôleur général n'était au courant de rien. Il a toutefois invité les personnes détenant des informations sur les «actes répréhensibles» mentionnés dans les courriels à communiquer avec la Ville via la ligne éthique (1 866 232-8803).

Depuis une semaine, le niveau de sécurité informatique de la commission Charbonneau a été fortement critiqué. Devant les problèmes potentiels, la commission avait désactivé quelques heures après leur entrée en fonction le formulaire sur son site Web ainsi que l'adresse courriel permettant au public de communiquer avec la commission. Mardi soir dernier, la commission a également mis hors service l'adresse électronique de son service de greffe par lequel la population pouvait s'inscrire afin de témoigner ou de participer aux travaux de la commission.

Pour l'instant, seul le formulaire sur le site Web n'a pas encore été rétabli. «Cela va prendre encore quelques jours», a affirmé Richard Bourdon qui a souligné que le lancement du site de la commission avait attiré «plusieurs compagnies informatiques» désireuses de vendre leurs services de sécurité.

QuébecLeaks


Chez QuébecLeaks, un organisme qui dénonce la collusion et la corruption en rendant publics des documents qui lui sont transmis, on rappelle que la question de sécurité informatique est d'abord un «enjeu social». Le cofondateur Luc Lefebvre réitère la nécessité pour la commission de prendre ses distances du gouvernement du Québec en choisissant un hébergement informatique indépendant. «Cela augmenterait le niveau de sécurité et la commission y gagnerait en crédibilité», croit M. Lefebvre.

Sur la colline parlementaire, le ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, a rappelé hier que la juge France Charbonneau, qui préside la commission, «est indépendante de ses gestes». «Elle doit s'assurer du bon fonctionnement de sa commission», s'est-il borné à commenter.

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Avec la collaboration d'Antoine Robitaille

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