Lettres: Després doit partir!

En réponse à une lettre de M. Jacques Lefebvre publiée dans Le Devoir du 30 juillet à la défense de l'actuel fiduciaire de la société CINAR, M. Robert Després, je tiens à souligner que ce dernier n'a pas été élu au poste de directeur, encore moins à celui de président du conseil de CINAR par les détenteurs d'actions publiques. Les votes des détenteurs d'actions de classe B ont été rendus pratiquement sans effet lorsque, en mars 2002, les fondateurs de CINAR ont désigné de façon précipitée M. Després comme le fiduciaire de la CINAR Voting Trust qui contrôle la majorité des votes lors de l'élection des directeurs de la société.

M. Després est président de CINAR uniquement parce que les mêmes personnes qu'il a lui-même nommées au conseil l'ont à leur tour élu pour diriger leur conseil. Pour cette raison, le conseil entier de CINAR peut être considéré comme illégitime dans l'esprit de bien des détenteurs d'actions de classe B, celles détenues par les actionnaires autres que les fondateurs de cette entreprise.

Robert Després ne possède pas une seule action de CINAR, contrairement aux centaines d'actionnaires du public qui ont investi leurs épargnes durement acquises. Au lieu de cela, Després a procédé à l'émission sans frais, pour lui-même, ses amis du conseil et certains dirigeants privilégiés de CINAR, d'actions qui sont venues fortement diluer les titres déjà en circulation. De plus, Després profite d'une rémunération de plus de 1,5 million $US, alors que CINAR enregistre des pertes à un rythme annuel de 20 millions $CAN, si on se fie aux résultats du trimestre terminé le 31 mai dernier.

Robert Després n'a à son crédit à peu près aucune augmentation de la valeur au marché de l'action de CINAR, puisque la valeur de l'action de classe B est restée virtuellement la même depuis qu'il a accédé à la présidence. Plus encore, sans l'annonce faite en décembre dernier de la vente possible des actions détenues par les fondateurs, la valeur des actions de CINAR serait de 40 % moindre qu'avant l'arrivée de M. Després, soit leur valeur avant la publication de cette nouvelle.

Le retrait de Robert Després de la fiducie de votes de CINAR a été demandé par la grande majorité des détenteurs institutionnels d'actions de CINAR. Les vrais actionnaires sont si insatisfaits de la performance de Després que la liste de ceux qui veulent son remplacement comme fiduciaire inclut désormais Fidelity Investments (14 % des actions), Heartland Advisors (12 %), McElvaine Investment Management (9 % des actions canadiennes), Chapman Capital (8 %), Perry Capital (8 % depuis peu) et bien sûr, les détenteurs d'actions de classe A (le couple Charest-Weinberg). Si nous ajoutions à cette liste les petits actionnaires, institutions ou particuliers, je crois que nous serions quelque 75 % à vouloir le départ de Després.

Ni Després ni Boyadjian ne sont mandatés pour diriger CINAR à titre de fiduciaires. Contrairement à certains commentaires venus du service des relations publiques de la société, ni la Commission des valeurs mobilières ni les fondateurs de CINAR n'ont donné à Després le mandat de «diriger» CINAR. Au contraire, le seul mandat confié à Després est celui de voter au nom des détenteurs d'action de classe A, que ce soit pour ou contre l'équipe de directeurs proposée lors des élections au conseil.