Loi spéciale: un message clair!

Si un doute persistait quant à la place réelle qu'occupe la justice au sein des préoccupations de l'État, le message lancé mardi par le gouvernement du Québec l'a clairement dissipé. L'adoption d'une loi spéciale forçant le retour au travail des procureurs des poursuites criminelles et pénales et des juristes de l'État brise le lien de confiance entre le gouvernement et ses avocats et notaires et démontre clairement l'importance relative que le gouvernement du Québec accorde à la justice.

Comme si l'adoption d'une loi spéciale, mesure exceptionnelle et grave, n'était pas suffisante, le gouvernement décrète des conditions de travail en deçà des dernières offres déposées. Un message très clair qui aura de lourdes conséquences.

Sous-financement

Le Barreau dénonce depuis des années le sous-financement de la justice. Au cours des 12 derniers mois, nous sommes intervenus publiquement sur plusieurs fronts: nous avons dénoncé les critères d'admissibilité à l'aide juridique qui excluent un trop grand nombre de personnes démunies; nous avons averti le gouvernement qu'il mettait en péril le libre-choix à l'avocat des citoyens en accordant un tarif si bas qu'il décourage les avocats de la pratique privée d'offrir des services couverts par le régime de l'aide juridique; nous avons analysé le rapport du Comité consultatif sur l'économie et les finances publiques qui dévoilait, en 2009, l'état de sous-financement de la justice au Québec; et nous avons demandé au gouvernement de cesser de traiter la justice comme un service public de moindre importance.

Autre exemple: même le tarif accordé aux médiateurs en matière familiale est demeuré inchangé depuis l'implantation du programme gouvernemental de médiation en 1997, ce qui nuit à la rétention et au recrutement de médiateurs expérimentés dans toutes les régions du Québec.

Services dévalorisés


Ces dossiers, tout comme celui des conditions dans lesquelles exercent nos membres, nous préoccupent au plus haut point. L'État doit cesser de dévaloriser les services juridiques, parce que ceux-ci sont essentiels au bon fonctionnement de notre société. Notre mission de protection du public motive notre intervention. Avons-nous besoin de rappeler au gouvernement du Québec que la justice constitue un pilier essentiel et vital de la démocratie?

Si le gouvernement veut rebâtir les ponts qu'il a lui-même coupés avec ses officiers de justice, il doit rapidement trouver des solutions pour valoriser la justice. Il est temps d'agir, car seules des actions concrètes pourront témoigner de la véritable volonté du gouvernement.

***

Gilles Ouimet, bâtonnier du Québec
5 commentaires
  • 54lili - Inscrit 25 février 2011 06 h 46

    M.Ouimet

    Votre avant dernier paragraphe résume à lui seul, l'opinion de ce gouvernement face à la démocratie. Depuis sa dernière élection majoritaire (misère) il fait tout pour détruire le Québec, la justice pour tous étant son dernier point.
    Il est temps maintenant pour une révolte de tout l'état québécois et de mettre dehors ce gouvernement d'affairistes.

    Lise Pelletier, une citoyenne écoeurée

  • Fabien Nadeau - Abonné 25 février 2011 08 h 13

    Taisez-vous!

    En fait, ce gouvernement est de plus en plus défini par la loi du baîllon.Taisez-vous et laissez-nous aller. Nous avons rendez-vous avec les profiteurs de la prospérité économique, les prophètes de la création de richesse pour quelques-uns.

    Mais on n'est pas encore assez écoeurés, puisqu'on laisse faire. Va-t-on au moins aller voter aux prochaines élections?

  • Marco - Inscrit 25 février 2011 10 h 19

    Sot! Sots! Sots! Sots et Hilarité!!

    Cher monsieur le bâtonnier,

    On croirait entendre le beau discours de certains des représentants syndicaux reponsables de faire évoluer les dossiers des enseignants du Québec en période de négo!! "L'Éducation, c'est l'avenir du Québec. Respectons nos enseignants, respectons nos étudiants!! Assurons à chacun toute la liberté et tous les moyens nécessaires afin de leur garantir des conditions maximales de réussite!" Et patati et patata!! Le beau discours, quoi!!

    Et pourtant, ces mêmes enseignants ont toujours accepté des augmentations de salaire raisonnables qui s'alignaient selon les données disponibles, basées sur l'indice des prix à la consommation et sur l'augmentation moyenne du coût de la vie ...au Québec, pas ailleurs!

    Alors, dites-moi, qui souffre réellement d'un sous financement et d'une réelle dépréciation en ce qui concerne les offres salariales déposées dans chaque cas? L'Éducation ou la Justice?...

  • camelot - Inscrit 25 février 2011 12 h 18

    Buts

    Le gouvernement Charest a pour mission de détruire le Québec. Dans tous les domaines. En traitant les procureurs de la sorte, en coupant dans la formation des policiers à Nicolet, c'est le désordre civil qu'ils veulent. Ces bandits en prison, seront très heureux lorsque leurs procès tomberont à l'eau grâce aux libéraux. Et ils se montreront très reconnaissants, soyez-en assurés. Durant le dernier référendum, on a vu où va leur allégeance : c'est l'unifolié qui flottait sur leurs bunkers. Les gouvernements ne sont pas regardants lorsqu'il s'agit de créer le chaos et tuer la démocratie. On en a eu plusieurs exemples.

  • J. Hardy - Inscrit 27 février 2011 18 h 18

    Le sous-paiement

    Charest renouvelle toujours la même méthode, qui fonctionne bien pour atteindre un but précis: économiser de l'argent à court terme.

    Il se fout éperdument de la justice ou de la motivation de ses employés.

    Quand les enseignants se sont fait collés une loi spéciale, il avait brandi une augmentation de salaire pour 6 ans totalisant un pourcentage non-négligeable. Le peuple n'y avait vu que du feu avec ce chiffre accrocheur qui représentait en fait moins encore que l'augmentation annuelle du coût de la vie...

    Si les juristes du Québec, domiciliés au Québec, gagnent beaucoup moins cher que les avocats du Québec, aussi domiciliés au Québec, à quoi bon mentionner les autres provinces? Il est clair que le rapport de force est néfaste pour la justice d'ici, made in Quebec.

    Merci John James Charest, merci pour tout.