Colonies - Palestiniens et Arabes somment Washington de revoir sa copie

L’émissaire américain George Mitchell a proposé des dis-cussions «parallèles».<br />
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Photo: Agence Reuters L’émissaire américain George Mitchell a proposé des dis-cussions «parallèles».

Ramallah — Les Palestiniens, soutenus par la Ligue arabe, ont signifié aux États-Unis qu'une reprise des négociations avec Israël était exclue sans arrêt de la colonisation, mettant la pression sur Washington pour présenter une «offre sérieuse».

Le chef du gouvernement israélien Benjamin Nétanyahou a pour sa part réuni hier ses sept principaux ministres pour examiner les plans de Washington.

«Il n'y aura de négociations avec Israël sous aucune forme, directe, indirecte ou parallèle, sans un arrêt total de la colonisation», a déclaré Azzam al-Ahmad, membre du Comité central du Fatah, le parti du président Mahmoud Abbas. Il parlait du Caire, où s'est réuni mercredi soir le comité de suivi du processus de paix à la Ligue arabe, à la demande de M. Abbas.

Cette instance a rejeté toute reprise des négociations sans «offre sérieuse» des États-Unis garantissant la fin du conflit. Elle a aussi annoncé une saisie par le groupe arabe aux Nations unies du Conseil de sécurité de la question de la colonisation, une revendication émise par M. Abbas en novembre. «Le comité demande aux États-Unis de ne pas entraver ces efforts», précise le communiqué final.

«Nous savons qu'il y aura un veto américain, mais ce veto ne nous empêchera pas d'aller au Conseil pour soumettre la question palestinienne, sous tous ses aspects, ou partiellement pour discuter des colonies», a indiqué le premier ministre qatari, cheikh Hamad ben Jassem ben Jabr al-Thani, président du comité.

Avant la réunion arabe, un responsable palestinien avait affirmé que l'émissaire américain George Mitchell avait proposé des discussions «parallèles» de négociateurs israéliens et palestiniens avec les États-Unis pendant six semaines. «Ce qui sera discuté par chaque partie ne sera pas exposé à l'autre, mais l'objectif est que l'administration américaine [...] élabore une stratégie pour relancer les négociations directes au moment qu'elle jugera approprié», avait-il expliqué.

Interrogé sur la réponse israélienne à une telle formule, un responsable gouvernemental a répondu qu'Israël y était «ouvert», tout en rappelant qu'il «préférerait des négociations directes avec les Palestiniens». Il a confirmé que la réunion du forum des sept principaux ministres israéliens s'était achevée, sans en préciser le contenu.

Un conseiller spécial du président américain Barack Obama, Dennis Ross, a par ailleurs rencontré le ministre israélien de la Défense, Éhoud Barak, et le chef d'état-major, Gabi Ashkenazi, avec lesquels il s'est entretenu «des volets de sécurité d'un éventuel accord de paix avec les Palestiniens», selon un communiqué du ministère de la Défense.

«Position confuse»

M. Ahmad a en outre enjoint les États-Unis de préciser officiellement que leur définition des territoires palestiniens englobait l'intégralité de la bande de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est ainsi que leur position sur la sécurité et les frontières. «Nous commençons à trouver que la position des États-Unis sur ces questions est confuse», a-t-il averti. Il a ajouté que les responsables palestiniens et arabes allaient intensifier leurs contacts pour obtenir une reconnaissance de l'État palestinien sur les frontières de 1967.

Le Brésil et l'Argentine ont déjà accédé à cette requête et l'Uruguay a annoncé son intention de les imiter en 2011.

La secrétaire d'État américaine Hillary Clinton a proposé des négociations indirectes sur les questions de fond, après l'échec de Washington à obtenir un nouveau moratoire israélien sur la colonisation, exigé par les Palestiniens.