Un plan mondial pour rénover l'éclairage

Une ampoule DEL qui pourrait remplacer les incandescentes.
Photo: source: Philips Une ampoule DEL qui pourrait remplacer les incandescentes.

L'ONU a proposé hier à Cancún un plan de rénovation de l'éclairage domestique, commercial et industriel dans 100 pays en vue d'obtenir une réduction de gaz à effet de serre (GES) qui correspond presque au tiers de la réduction additionnelle qu'il faut réaliser pour stabiliser le climat planétaire d'ici 2020.

Ce plan ambitieux se situe dans la foulée des grands projets concrets que l'ONU espère faire adopter à Cancún pour compenser l'absence d'engagements contraignants de réduction par les pays industrialisés.

Selon le plan déposé hier, si les ampoules incandescentes qui monopolisent encore de 50 à 70 % du marché étaient remplacées par des ampoules fluocompactes ou, mieux, par des ampoules à diodes électroluminescentes (DEL ou «LED» en anglais), l'essentiel des 1,8 milliard de tonnes (Gt) de GES émises sur la planète pour éclairer les humains serait évité. L'éclairage est responsable de 8 % des émissions mondiales. C'est l'équivalent de 70 % des émissions du parc automobile planétaire.

À Copenhague, l'an dernier, les grands pays émetteurs, comme les États-Unis, la Chine, l'Europe et d'autres, dont le Canada, se sont engagés dans des plans de réduction volontaires qui devraient faire passer les émissions globales de GES de 53 Gt à 49 Gt. Mais il faudra soustraire de ce bilan encore 5 Gt pour arriver à stabiliser d'ici 2020 la hausse du climat à 2 degrés centigrades afin d'éviter qu'il ne devienne hors de contrôle.

Dans les ampoules incandescentes, 95 % de l'énergie se dissipe sous forme de chaleur et le reste, soit 5 %, produit de la lumière. Avec des ampoules fluocompactes, la dépense d'énergie est réduite de 75 % et avec les nouvelles ampoules à DEL, on réduit ce besoin d'énergie de deux fois encore.

Durée de vie

Les ampoules fluocompactes durent en moyenne de 6000 à 10 000 heures. Les nouvelles ampoules à DEL, comme celles que lançait le manufacturier Philips cette semaine — cette société a d'ailleurs participé à l'étude de l'ONU —, ont une espérance de vie de 25 000 heures et consomment 80 % moins d'énergie qu'une ampoule incandescente, ce qui donne une idée de l'économie possible avec un plan de remplacement qui s'appliquerait à 100 pays.

Ces toutes nouvelles ampoules peuvent aussi fonctionner avec des rhéostats en plus d'émettre très peu de chaleur. Et elles ne contiennent aucun mercure.

Plusieurs spécialistes ont affiché des réserves à l'endroit des ampoules fluocompactes puisqu'elles contiennent du mercure et qu'il faut les éliminer comme des déchets dangereux, ce qui n'est pas toujours possible dans les pays en développement, sauf si les manufacturiers mettent en place des consignes. Mais, indique le rapport, la principale source d'émission de mercure sur la planète n'est pas l'ampoule fluocompacte, mais plutôt les centrales thermiques au charbon, qui émettent beaucoup de mercure pour produire de l'électricité gaspillée dans des ampoules incandescentes. Aux États-Unis seulement, ces centrales émettent 25 000 tonnes de mercure par année.

Le rapport détaille les gains que ferait chaque pays grâce à ce programme international. Par exemple, l'Indonésie épargnerait ainsi un milliard de dollars par an en achats d'électricité et huit millions de tonnes de CO2, soit l'équivalent de 3,5 centrales thermiques dont la construction lui coûterait 2,5 milliards.

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