La vie est un sport dangereux

Quelqu'un se souvient du débat concernant la présence de produits toxiques dans les biberons et les bouteilles d'eau? Et de cette autre discussion sur les effets nocifs de certaines composantes de plats en plastique dans lesquels on réchauffe notre macaroni le midi au boulot? Ce sont là des exemples que les poisons se glissent partout dans notre quotidien. La Biosphère, à Montréal, en a fait le thème de sa toute dernière expo, Tic Tac Tox.

«Croyez-vous qu'aujourd'hui nous sommes plus exposés qu'autrefois aux produits toxiques?», demande l'animateur Jean-François Dussault à la salle. Vite comme ça, en pensant au poisson dans notre assiette bourré de mercure, on dirait que oui. Et pourtant.

Extrêmement informée, la société d'aujourd'hui est beaucoup plus consciente qu'autrefois des dangers liés aux polluants. Jadis, après avoir découvert que l'oxyde de carbone avait un agréable petit goût sucré, on en ajoutait au vin pour l'adoucir, explique M. Dussault. Vin qui était ensuite bu dans une rustique coupe de plomb. «Les Grecs, eux, avaient des nappes faites en amiante», ajoute l'animateur. C'est là que réside la différence entre hier et aujourd'hui.

Basée autour d'un jeu de tic tac toe géant animé par un personnage loufoque, l'exposition débute avec un court film sur les impacts des produits d'utilisation courante sur l'environnement, comme celui des médicaments, par exemple. Selon l'animateur, pour chaque cachet ingéré par notre organisme, de 50 à 90 % de la médication est rejetée par l'organisme avant de s'infiltrer dans les cours d'eau.

Tout en musique et sans narration, la vidéo permet aux visiteurs de se questionner sur leurs habitudes de vie. S'interroger, chercher des pistes de solutions, «c'est ça, le but d'une telle exposition», souligne Éric Vachon, coordonnateur des services éducatifs de la Biosphère.

Habitat naturel

Stimulant la réflexion sur la cohabitation entre l'homme, les substances chimiques et les produits toxiques, Tic Tac Tox permet de mettre un nom sur les différentes substances nocives et l'endroit du corps affecté par la consommation en grande quantité de celles-ci.

Somme toute modeste, l'exposition s'insère dans l'ensemble du mandat du Musée de l'environnement et devient encore plus concrète lorsque l'on sort du bâtiment principal pour se diriger vers la maison écologique.

Cette maisonnette alimentée à l'énergie solaire a été entièrement conçue par une quarantaine d'étudiants en ingénierie et en architecture de diverses écoles québécoises pour le concours international Décathlon 2007 à Washington, organisé par le département de l'Énergie des États-Unis. «Récupérée» par la Biosphère il y a un an et demi, elle permet de montrer au public les solutions écologiques, accessibles et surtout applicables qu'il pourrait mettre en oeuvre tous les jours pour réduire son impact sur l'environnement.

Si le temps froid de l'automne a jauni un brin la façade végétalisée de la petite maison, les graminées se balancent avec élégance sur son toit, le jardin de fines herbes est encore verdoyant de sauge et de thym, tandis que les clôtures composées de végétaux endormis permettent quand même de constater qu'un tel système est tellement plus agréable (et intime) qu'un impersonnel grillage métallique.

Une fois dans la maison — et accompagnés d'un animateur — les curieux pourront en apprendre plus sur ces produits éco-amicaux que l'on peut se procurer pour nettoyer son intérieur.

D'ailleurs, la Biosphère offre aux gens un guide de l'entretien ménager et du jardinage écolo conçu par la Ville, grâce auquel le visiteur, maintenant sensibilisé aux toxines et produits qu'il ingère, pourra concocter ses mélanges maison. On y trouve, entre autres choses, des recettes de désodorisant aux huiles essentielles à vaporiser ainsi qu'un nettoyant à base de vinaigre et d'eau chaude pour nettoyer ses vitres.

«Les gens pensent parfois que, pour laver ses fenêtres, ça prend un produit de couleur bleue, à cause de ceux qui sont vendus sur les tablettes des commerces, s'exclame Jean-François Dussault en riant. À ceux-là, je suggère d'ajouter du colorant alimentaire dans leur mélange de vinaigre.» Il faut toutes sortes de premiers pas pour finir par changer le monde.
1 commentaire
  • Catherine Paquet - Abonnée 6 novembre 2009 05 h 47

    Un peu de courage S.V.P.

    "Extrêmement informée, la société d'aujourd'hui est beaucoup plus consciente qu'autrefois des dangers liés aux polluants." Que voilà une affirmation douteuse.
    Il est utile et intéressant de proposer des produits de substitution, moins chers et moins polluants que ceux des grandes marques. Mais le courage manque à plusieurs pour bien informer les citoyens sur les dangers réels, présents et bien connus (dans certins milieux) de produits moussés par une plublicité trompeuse. Ainsi, des spécialistes vous diront en privé que contrairement à certaines publicités, il est très nocif de respirer les vapeurs et odeurs que produisent les produits "adoucisseurs" que certains mettent en abondance dans les séchoirs à linge. Ces produits rejettent dans l'atmosphère, par la bouche d'évacuation de l'air chaud, et sur les vêtements, des neuro-toxines très dommageables pour l'activité du cerveau, notamment chez les enfants. Cependant, vous n'entendrez pas souvent les grands media vous informer de cette façon. Il faut des analyses, des preuves, des victimes. Ça prendra des années. Comme pour le tabac.