Réflexion sur le mâle québécois

J'étais à table avec des amis, quand une convive de sexe féminin s'écria: «Avez-vous vu la dernière publicité de Bell?» Non. Laquelle? «Celle où un pauvre type de mari a installé au mur une petite étagère tout de guingois. Pour se racheter, il lui offre d'installer le service Internet. La charmante épouse l'envoie sur les roses en lui disant que Bell va s'en charger; comme si la séance d'humiliation ne suffisait pas, elle ajoute qu'il devrait aller aider la petite à faire des serpents de pâte à modeler parce qu'elle n'y arrive pas toute seule.» Joli portrait du mâle québécois.

Quelqu'un a-t-il protesté? Évidemment, si ça avait été une brasserie qui avait présenté des nanas bien roulées, ça aurait été autre chose. Mais un mec, on peut s'essuyer les pieds dessus comme sur un vieux paillasson. J'y vois un effet pervers du féminisme qui fut la plus grande révolution sociale du XXe siècle. Les femmes ont envahi l'univers des hommes et ont tiré leur compagnon dans le leur. Désormais, une femme pouvait devenir policière ou soldate, et le mari devait changer les couches et donner le biberon. Qu'on me comprenne bien: je ne suis pas un nostalgique qui veut revenir en arrière. L'égalité des sexes est une belle, noble et grande valeur; et c'est aussi sa faiblesse. Comment s'opposer à la vertu? Alors le mâle s'écrase et les femmes en remettent; après tout, elles en ont bavé pendant si longtemps. Sauf qu'il y a un prix à la clé: les garçons ont des problèmes. Et les femmes devraient se demander si elles veulent passer leur vie avec des coqs ou des chapons.