«Trou Story»: pouf environnemental contre boum minier

Dans une entrevue accordée au journal La Presse Affaires le 2 mars dernier, Jean Pierre Thomassin, directeur de l'Association de l'exploration minière du Québec, déclarait sans rire que souvent les compagnies d'exploration ont de mauvaises surprises: «Ils font de l'exploration et pouf! Une aire protégée apparaît juste à côté. Ça déprécie beaucoup la qualité de la propriété.»

En Amérique du Nord, c'est au Québec que les contraintes exigées des compagnies minières sont les plus minimales. C'est aussi l'avis même de l'Association de l'exploration minière. On le perçoit clairement aujourd'hui en Abitibi où le boum de l'or excite à tel point qu'on rêve d'arracher l'écorce terrestre sur tout l'axe routier entre Val d'Or et Rouyn-Noranda — une centaine de kilomètres — pour exploiter «à ciel ouvert».

Or c'est le long de cette route que vivent la majorité des Abitibiens, grands serviteurs historiques de cette industrie. Ils doivent tous cohabiter avec des parcs à résidus miniers souvent toxiques qui eux, déprécient pour vrai la «qualité des propriétés», et de la vie.

L'Action boréale travaille depuis dix ans à préserver quelques espaces naturels, sous forme d'aires protégées, autour des collectivités. Le gouvernement n'en a reconnu qu'une seule à ce jour, tous les autres projets ayant «foiré» en raison d'une législation outrancière permettant aux minières de faire ce qu'elles veulent. Avant même que les audiences publiques du BAPE soient tenues pour voir s'il est souhaitable de faire sauter une partie de la ville de Malartic, une soixantaine de maisons ont déjà été déplacées. Méchante farce plate!

Rappelons finalement à M. Thomassin que ce qu'il désigne comme étant «propriété» minière n'en est pas une, mais plutôt une «location» de notre territoire public. Cette confusion explique peut-être l'arrogance qu'il déploie à l'égard de ceux qui ne rêvent pas d'un territoire se résumant à un «Trou Story».