La paix au Proche-Orient est-elle possible?

C'est l'existence même d'Israël qu'on met en question chaque fois que ce pays entre en guerre avec un de ses voisins arabes, et tout particulièrement quand il entre en conflit armé avec les Palestiniens. On prétend généralement que les Juifs auraient profité d'un capital de sympathie quand le monde entier a été mis au fait de la Shoah, sympathie qu'ils auraient instrumentalisée par la suite pour mieux faire accepter leur installation en Palestine. Le monde arabe évidemment n'a jamais accepté que des Juifs viennent s'établir au coeur du monde islamique, comme si l'implantation d'un État hébreu en Palestine ajoutait l'insulte à l'injure d'un colonialisme occidental tant honni.

Mais ce qui a exacerbé encore plus la haine viscérale que se vouent les Arabes et les Juifs depuis la nuit des temps, c'est toute la désinvolture, toute la violence aussi avec laquelle l'État israélien a délogé les Palestiniens de leurs maisons et de leurs terres, pour les redistribuer sans coup férir aux colons juifs fraîchement débarqués d'Europe.

Ainsi, combien sont-ils chez nous et ailleurs dans le monde à s'interroger sur la légitimité d'Israël, surtout quand celui-ci utilise son droit à l'autodéfense pour justifier des opérations militaires nettement disproportionnées contre des populations civiles innocentes avec le soutien indéfectible des États-Unis et l'aval des États européens?

En revanche, ceux qui manifestent dans le monde arabe, en Europe et en Amérique contre les régimes dictatoriaux, autoritaires, théocratiques et non moins brutaux qui encerclent Israël et le menacent constamment d'invasion, voire de destruction totale, ne sont pas très nombreux, pour ne pas dire inexistants. Est-on si certain que la création d'un État palestinien mettrait fin aux tensions séculaires au Proche-Orient?

Certes, l'une des pierres d'achoppement de ce long conflit serait enfin levée, mais la lutte pour le contrôle de ce nouvel État ne ferait que commencer, et si les Palestiniens pourraient dorénavant se sentir fiers et libres d'avoir un État bien à eux, les problèmes socio-économiques qui affligent la population des territoires palestiniens actuels n'auraient pas disparu pour autant.

Quelques années de paix et de quiétude, on peut l'imaginer, c'est ce que souhaitent tous les habitants de cette poudrière proche-orientale. Mais, hélas, depuis trop longtemps, les trêves qui ont succédé aux guerres n'ont vraiment rien résolu, au contraire, les difficultés se sont chaque fois multipliées.