Fini le redoublement au secondaire

Le ministère de l’Éducation (MEQ) change radicalement son mode d’évaluation au secondaire: afin d’éviter le redoublement, il produira en fin d’année un «bilan des apprentissages» qui permettra à l’élève de passer au niveau supérieur dans les matières où il aura réussi tout en reprenant celles où il a échoué.

Suivant la logique de la réduction du redoublement au primaire, le MEQ souhaite ainsi modifier la sanction des études au secondaire pour permettre des parcours mieux adaptés à l’évolution des apprentissages des élèves, a expliqué hier au Devoir Robert Bisaillon, sous-ministre adjoint à l’éducation préscolaire et à l’enseignement primaire et secondaire.

Ces modifications s’inscrivent dans les travaux intenses entourant la politique d’évaluation des apprentissages, promise pour mars 2001, et que le MEQ publiera finalement en juin 2003, a confirmé hier M. Bisaillon. Le projet de politique que le réseau réseau des écoles privées subventionnées.

Un certain nombre d’enfants francophones ou allophones reçoivent leur enseignement en anglais dans des écoles primaires privées qui, comme la plupart des écoles de ce type, ne sont pas subventionnées. En vertu des changements apportés par le projet de loi 104, ces enfants ne pourront pas poursuivre leurs études à la même école au niveau secondaire qui, quant à lui, est subventionné et soumis aux balises de la loi 101.

Après leur cours primaire, ces enfants pourront poursuivre leurs études dans les quelques rares écoles secondaires privées qui ne reçoivent aucune subvention du gouvernement. Mais les frais de scolarité sont prohibitifs. «Seuls les gens très très riches peuvent les fréquenter», a signalé M. Blanchard. «Le prix est hors de portée pour toute famille de la classe moyenne.»

La solution du PLQ consiste à permettre à ces enfants de poursuivre leurs études secondaires à la même école, quitte à instaurer deux niveaux différents de frais de scolarité: ceux qui ont le droit d’aller à l’école anglaise en vertu de la loi 101 et les autres, qui paieront des frais de scolarité supérieurs en raison de l’absence de subventions de l’État. On pourrait donc «envisager une formule hybride où les écoles secondaires privées subventionnés sont autorisées à accueillir les deux clientèles», écrit le PLQ.

M. Blanchard estime que si les règles étaient modifiées comme le PLQ le propose, un très petit nombre d’enfants accéderaient ainsi à l’école secondaire de langue anglaise. «On ne peut pas dire que c’est illégitime, comme choix», a-t-il dit.

Ce choix n’accorderait aucun nouveau droit à l’enfant, a poursuivi M. Blanchard, et il ne s’agit pas d’une échappatoire. À cet égard, le PLQ est d’accord pour colmater la brèche qui permet à un enfant, qui n’y aurait pas droit autrement, de recevoir son enseignement en anglais dans le réseau public ou le réseau privé subventionné après un passage d’un an dans une école privée non subventionnée. Avec la formule hybride envisagée par le PLQ, l’enfant fréquente l’école privée de langue anglaise pendant tout son cours primaire.

Dans le même ordre d’idées, l’Association des écoles privées du Québec (Quebec Association of Independent Schools, ou QAIS) a réclamé en commission parlementaire que l’on permettre aux enfants de parents francophones et allophones qui sont citoyens canadiens de poursuivre leurs études dans les écoles privées subventionnées de langue anglaise. La QAIS regroupe 25 écoles primaires et secondaires, et même des deux niveaux dans le cas de sept d’entre elles. Ces écoles dispensent un enseignement bilingue et biculturel pour la plupart, selon le président de l’association, Geoff Dowd, également directeur de la Trafalgar School for Girls. Les dispositions du projet de loi 104 visant à colmater la brèche donnant sur l’accès à l’école anglaise sont trop restrictives, a-t-il plaidé. Si elles sont adoptées telles quelles, 650 des 2000 élèves actuellement inscrits au primaire ou à la maternelle ne pourront pas poursuivre leurs études secondaires en anglais dans les écoles de la QAIS.