Les enfants-soldats de l'armée canadienne

Vous êtes peut-être parents, ou il y a des enfants dans votre famille, dans votre entourage... Vous travaillez avec les jeunes? Bien sûr, vous leur souhaitez ce qu'il y a de mieux. Mais... gare à vous!

La fin de l'école primaire ou le début du secondaire arrivent, et sachez qu'il peut y avoir un agent recruteur dans votre entourage. Les parents d'un jeune voisin ou d'un ami, un entraîneur ou même un membre du personnel de l'école sont peut-être instructeurs dans un corps de cadets. Aussi absurde que la chose puisse paraître, les Forces armées canadiennes approchent des enfants dès l'âge de 12 ans. En quelque sorte, n'avons-nous donc pas nos propres enfants-soldats?

Bien sûr, ce n'est rien de comparable avec les enfant-soldats mobilisés de force dans les pays en guerre. Mais tout de même, il faut savoir qu'à travers le Canada, 50 000 jeunes sont embrigadés dans les corps de cadets de l'armée de terre, de l'armée de l'air ou de la marine. Les «instructeurs» de ces cadets sont des militaires appartenant à votre unité de réserve locale de l'armée canadienne. Les jeunes portent l'uniforme militaire, sont conditionnés pour obéir au doigt et à l'oeil aux officiers et apprennent le maniement des armes.

Ordre de recruter

Depuis l'intensification de la guerre en Afghanistan, une campagne massive de relations publiques de l'armée a cours: l'opération Connexion. Pour pallier le départ des baby-boomers et remplir les mandats offensifs, on cherche 10 000 nouveaux militaires par année entre 2007 et 2012. Dans ce contexte, le commandant des Forces canadiennes, le général Rick Hillier, a donné l'ordre à tous les militaires de prendre part active au processus de recrutement des jeunes.

À l'heure actuelle, on estime que près de 30 % des membres des troupes canadiennes sont des proches de militaires. Pour répondre aux ambitieux objectifs de recrutement, l'armée doit absolument trouver le moyen d'élargir son bassin de recrues. Le mouvement des cadets fait partie intégrante de cette opération de charme. La guerre a créé un besoin inégalé de main-d'oeuvre et, en période de grande rareté, on doit s'y prendre tôt.

Tous les moyens sont bons

Bien entendu, vos enfants ne sont pas recrutés de force. Ils sont attirés par divers stratagèmes: des activités de plein air, l'apprentissage des premiers soins, des loisirs hebdomadaires, des camps de fin de semaine, des camps d'été avec dédommagement financier et des possibilités de voyage. Ces perspectives sont particulièrement attrayantes pour les familles démunies.

Comment refuser à son fils ou à sa fille de 14 ans la possibilité d'activités régulières et de voyages gratuits? Comment dire non à la possibilité que votre enfant participer à un camp d'été rémunéré à Banff ou en Allemagne? Comment l'empêcher de s'offrir une carrière grassement rémunérée, sans même avoir terminé son secondaire, une fois terminée la formation dans les cadets? Encore une fois, les gens démunis sont mobilisés pour la guerre des riches.

Recrutement perfide

Le ministère de la Défense ne finance sans doute pas ces activités jeunesse de façon désintéressée. Pour recruter, l'armée canadienne utilise le sens du devoir des jeunes et le désir d'aider leurs prochains.

Croyant apprendre à oeuvrer pour la paix et l'assistance aux peuples dans le besoin, les jeunes sont préparés à la guerre. L'ère du maintien de la paix et des Casques bleus est pourtant terminée. L'armée recrute maintenant pour la guerre au terrorisme. Après cinq années dans les cadets, le jeune maîtrise toutes les aptitudes périphériques au métier de soldat. Il ne lui manque que certaines notions de combat pour être un véritable soldat. Le Bureau des cadets refuse de publier les statistiques sur la proportion d'anciens cadets qui se retrouvent dans l'armée à l'âge adulte. Est-ce parce qu'il s'agit là d'un moyen de recrutement efficace?

[...] Déjà, 80 soldats canadiens sont morts dans la mission en Afghanistan à ce jour. Une société civilisée a-t-elle le droit de conditionner des enfants à une telle perspective? Un nombre encore plus élevé de militaires reviennent handicapés physiquement ou mentalement et seront à la charge du ministère des Anciens Combattants pour la vie; est-ce une perspective acceptable? Le positionnement des États-Unis aux portes de la Russie, de la Chine et de l'Inde, les trois pays à plus fort potentiel de croissance au cours des prochaines décennies, vaut-il le sacrifice de la vie de nos jeunes?

À contre-courant

Nous sommes à une période où de nombreux organismes luttent contre le recrutement d'enfants-soldats pour faire la guerre. Pendant que plusieurs organismes internationaux tentent d'interdire le recrutement militaire avant l'âge de 18 ans, nous laissons les écoles secondaires du pays accueillir des unités de cadets dans leurs locaux. Nous permettons à l'armée canadienne de solliciter nos jeunes dès la sortie de l'école primaire. Acceptons-nous que nos établissements d'éducation deviennent des lieux d'endoctrinement?

Heureusement, depuis septembre dernier, les étudiants de niveau collégial et universitaire ont compris et sont passés à l'action. Ils ont notamment entrepris de mettre un terme au recrutement dans les cégeps et ils ont réussi. Ils ont documenté et diffusé une quantité impressionnante de renseignements auprès des associations étudiantes et des syndicats d'enseignants. L'opération Objection a permis de limiter considérablement le recrutement militaire dans les établissements postsecondaires. Ce n'est pourtant qu'un début. Les Forces armées canadiennes disposent de millions de dollars pour recruter et ciblent toujours vos enfants. C'est maintenant aux parents d'agir.
1 commentaire
  • GreyThunders - Inscrit 9 avril 2010 16 h 24

    Non

    Ce n'est pas le cas, j'espère que tu as lu la réponse à ton message.

    Informe-toi plus sur les programmes avant de les déconseiller et de dire n'importe quoi.

    Informe-toi en auprès de personnes qui y font partis.