Les Ailes tardent à prendre leur envol

Un automne trop chaud a empêché Les Ailes de la mode de prendre leur envol au centre-ville de Montréal. La faiblesse des ventes du magasin de 223 000 pieds carrés a même contribué à une perte nette de 839 000 $ des Boutiques San Francisco au troisième trimestre de leur année financière.

«Les températures n'ont pas été idéales. Les mois d'août et septembre ont été exceptionnellement chauds, souligne le vice-président aux finances de la compagnie, Jacques Fournier. À l'ouverture, nous n'avions que de la marchandise d'automne. La marchandise n'est pas sortie comme elle aurait dû parce qu'on est passé directement du mode été au mode hiver. Ce n'est pas une saison de retour à l'école qui va passer à l'histoire.»

Au cours du troisième trimestre, Les Boutiques San Francisco ont pourtant enregistré des ventes de 72 millions de dollars, soit une hausse de près de 14 % par rapport à l'exercice précédent. La compagnie a dégagé un bénéfice de 3,3 millions avant intérêts, impôts et amortissements. La perte nette enregistrée est due à un accroissement important des charges de financement de l'amortissement provenant principalement des investissements majeurs effectués dans l'enseigne Les Ailes de la mode.

Depuis février, le Groupe San Francisco a encaissé des pertes de 1,35 million de dollars, et ce, malgré des ventes de 191,1 millions de dollars (soit une hausse de 11,1 %). Et les dirigeants prévoient une fin d'année difficile. «Nous étudions différentes mesures qui devraient nous permettre de réduire nos coûts d'exploitation dans les prochains mois, tout en optimisant nos activités les plus rentables», précise Jacques Fournier.

La perte du troisième trimestre de 2002, qui s'est terminé le 2 novembre, équivaut à 8 ¢ par action. À pareille date l'an dernier, l'entreprise avait enregistré un bénéfice net de 213 000 $, soit un rendement de

2 ¢ par action. En 2001, l'entreprise avait fermé ses livres avec un bénéfice d'exploitation de 10,8 millions de dollars.

Quand il est question du nouveau magasin du centre-ville, la direction de San Francisco parle d'une période de rodage. Elle souligne également l'effet du ralentissement que connaît présentement le commerce de détail dans ses créneaux et l'intensification de la concurrence.

«C'est encore un bébé et il est toujours à la pouponnière, insiste Jacques Fournier. Le magasin n'a que quelques mois. L'affluence pourrait être meilleure, mais ce n'est pas ce qui a fait la différence. Ce sont vraiment les conditions climatiques.»

Par ailleurs, Les Boutiques San Francisco ont profité de la divulgation de leurs résultats trimestriels pour annoncer le départ du président et chef de l'exploitation Guy Charron. On affirme que ce dernier «a choisi de réorienter sa carrière» et remis sa démission. Paul Delage Roberge intégrera dorénavant les responsabilités de M. Charron aux siennes. Autre départ: Robert Chevrier quittera le conseil d'administration le 31 janvier prochain.

Le Groupe San Francisco a ouvert le magasin Les Ailes de la mode de la rue Sainte-Catherine le 7 août dernier. Cette inauguration avait été fort médiatisée et le président du conseil et chef de la direction, Paul Delage Roberge, avait alors soutenu que l'endroit serait rentable dès sa première année.

Installée sur quatre étages de l'ancien magasin Eaton, la mégasurface représente un investissement de 40 millions de dollars en incluant l'inventaire. «Si notre chiffre d'affaires par pied carré était le même que dans nos autres magasins de banlieue, nous serions comblés, mais nous avons fait des calculs plus modestes», avait indiqué M. Roberge.

Le Groupe San Francisco compte 184 boutiques et cinq grands magasins au Québec, en Ontario, en Alberta et en Colombie-Britannique. La société regroupe les enseignes San Francisco, L'Officiel, San Francisco Maillot, Bikini Village, West Coast, Victoire Delage, Moments intimes et Les Ailes de la mode.

Cette dernière enseigne repose sur un concept de service personnalisé. Les magasins mettent ainsi tout en place afin de prolonger le séjour des clients (que la compagnie désigne comme des invités) dans l'immense boutique de mode et de décoration. Le magasin Les Ailes de la mode du centre-ville montréalais renferme notamment un salon de coiffure, une garderie, un bar à vodka, un petit cinéma et un carrousel.