Le 47e Salon des métiers d'art de Montréal - Réinventer la beauté

«Le mobilier, c'est de l'architecture à petite échelle», observe Drew Nener. Le métier d'artisan-ébéniste lui permet de concilier son besoin de créer et de dessiner avec son goût pour le travail manuel. Depuis trois ans, ce jeune ébéniste s'est développé une signature: associer le métal au bois. «Mais ça doit faire partie de la structure ou de la fonction du meuble, précise-t-il. Je ne mets jamais de décoration!»

Réinventer le meuble est son gagne-pain, mais trouver de nouveaux clients est un défi quotidien. Comme le prix doit refléter le temps et les dépenses qu'il investit, son design s'adresse à une clientèle avertie. Drew Nener souhaite d'ailleurs profiter du Salon pour montrer la différence entre un produit artisanal et un produit fabriqué en série: la qualité de la construction, de la finition, l'unicité de la pièce et les innombrables possibilités. «Avoir des meubles originaux, c'est un feeling vraiment chaleureux, un sentiment d'être bien chez soi. C'est indescriptible.» Avant de se quitter, il m'a promis que son stand ne passera pas inaperçu!

Verre fusion et engagement profond

John Cosgrove adore le verre, tant ses couleurs, sa brillance et sa transparence que le son musical de la coupe du verre et la chaleur de ses fours. En 1997, il fonde le Chalet Studio de verre avec son acolyte, verrier et ami Patrice Potvin. Ensemble, ils créent, expérimentent et peaufinent leur art: la fusion et le thermoformage du verre. Le verre fusionne à des températures de 1450-1500 °F. Chauffé à 1250-1300 °F, il épouse la forme du moule sur lequel il est posé: c'est le principe du thermoformage.

Pourquoi participer au Salon pour une troisième année? «Parce qu'un artiste ne peut pas être connu s'il reste dans son atelier.» Avec ses 200 000 visiteurs, le Salon est à la fois un lieu privilégié pour la mise en marché de ses produits et l'occasion de quitter sa routine de production. Les possibilités de rencontres avec la clientèle, les diffuseurs et les artisans sont nombreuses. Bien sûr, les ventes réalisées pendant le Salon ne sont pas négligeables, tout comme les coûts de production du stand, de la location de l'espace et de la production des pièces.

On n'échappe pas à sa nature. John Cosgrove est un artiste engagé. En 1999, il remet sur pied la Corporation des métiers d'arts de Lanaudière. «J'aimerais pouvoir exposer plus souvent dans ma région mais aussi que les artisans de l'extérieur viennent dans mon coin de pays.» Les nombreux salons régionaux bénéficieraient de l'utilisation plus constante des jurys de pairs, comme c'est le cas au salon de Montréal. Le calibre augmenterait, tout comme leur attrait pour le public et les créateurs. Il souhaite aussi que des lieux de diffusion pour les métiers d'art haut de gamme existent hors des grands centres: comment vendre un chandelier à 500 $ si, juste à côté, on en retrouve un pour moins d'un dixième du prix?

Heureusement, les artisans peuvent compter sur le soutien d'organismes comme la SODEC et le Conseil des arts et des lettres du Québec. Sans oublier le public, toujours à l'affût d'art et de design, qui leur permet de vivre de passion et de création.

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Carnet d'adresses

John Cosgrove, Le Chalet Studio de verre
241, boulevard Lac-Vallée Est, Sainte-Béatrix
(450) 883-3603

Drew Nener, Funktion design
(514) 495-4040
www.funktiondesign.biz