Mode - Une renaissance attendue

Un magnifique manteau réalisé à partir de fourrures recyclées découpées en tout petits morceaux à la manière d’une mosaïque, par Dominique Ouzilleau.
Photo: Jacques Grenier Un magnifique manteau réalisé à partir de fourrures recyclées découpées en tout petits morceaux à la manière d’une mosaïque, par Dominique Ouzilleau.

Confiez le vison de tante Berthe à un designer-recycleur. Adoptez la fourrure en galon sur votre jean, en pull tricoté pour réchauffer vos soirs d'hiver ou avec des accessoires amusants, abordables et inédits. Le choix est là, la créativité et la relève aussi.

La question n'est plus de savoir si elle est vraie ou fausse, écolo ou autre: la fourrure est là pour rester et est train de se glisser dans notre garde-robe sous des formes nouvelles et inattendues. «Depuis quelques années, les designers ont réinventé la fourrure», constate Teresa Eloy, du Conseil canadien de la fourrure. «Elle est réversible ou tricotée, offerte en version lavable ou en galon sur des tricots, voire compose des accessoires chic, souvent amusants et toujours accessiblesÉ Les choix se multiplient, ce qui permet à la fourrure de devenir plus démocratique et bien plus facile à porter qu'autrefois.»

Un vent nouveau de créativité, couplé à une relève cohérente et innovatrice, a permis des initiatives comme FurWorks, une collection mise sur pied par le Conseil canadien de la fourrure il y a quatre ans. «On y regroupe les créations de dix designers invités qui dessinent des modèles décontractés et abordables, offerts à compter de 400 $.» S'y retrouvent les gilets sport de la jeune Michelle Secours (Frëtt Design pour Antonio Proietti), les blousons vraiment chouettes de Dominic Bellissimo et les fourrures tricotées de Paula Lishman, qui sont — tenez-vous bien — lavables à la machine parce que sa technique utilise uniquement les poils des fourrures, tissés littéralement dans du fil de coton avant d'être transformés en mailles. Du côté des recycleurs, la relève affiche les créations de talents comme Dominic Ouzilleau, qui a fabriqué des manteaux magnifiques pour Christian Lacroix et Karl Lagerfeld à partir de son atelier-boutique de la rue Saint-Urbain, ou Mariouche Gagné, qui ne finit plus d'étonner par son sens de la mode et des affaires et par sa pertinence. Tandis que du côté de la fausse fourrure, on trouve de la peau de mouton synthétique lavable à la machine ainsi que des jeans et des pulls à prix doux habillés de peaux de... polyester. Belle saison pour les découvrir.