Des conservateurs fantômes

Berthierville - Le Parti progressiste-conservateur n'est pas capable de dénicher assez de militants dans la circonscription de Berthier-Montcalm pour organiser l'élection partielle: le parti a dû embaucher... une boîte de relations publiques.

La firme en question, Annexe Communication, n'a pas l'habitude de traiter avec les partis politiques. «Nous sommes une boîte de communication qui se spécialise dans le culturel et le corporatif et, maintenant, le politique», lance la responsable du dossier, Marie-Ève Pichette.

Selon Mme Pichette, Annexe Communication s'occupe du parti au Québec alors que l'attachée de presse du chef Joe Clark s'occupe davantage du reste du Canada. C'est cette firme qui a d'ailleurs organisé la venue de M. Clark dans la circonscription hier.

Le Devoir a tenté à de multiples reprises d'entrer en contact avec le candidat conservateur dans Berthier-Montcalm, Richard Lafleur. Un message a été laissé quelques jours avant notre passage dans la circonscription à celle qui est présentée comme l'organisatrice du parti au Québec et responsable des deux élections partielles en cours, Johanne Sénécal, mais ce n'est que quatre jours et demi plus tard qu'elle a rappelé Le Devoir.

M. Lafleur, a expliqué Mme Sénécal, ne fait campagne que les week-ends et deux soirs par semaine. «C'est un gérant de projets. Il a trop de réunions. [...] Il ne peut pas faire campagne dans ce temps-ci.»

Invitée à expliquer pourquoi ce ne sont pas des bénévoles militants qui mènent la campagne, comme le font les autres partis politiques, Mme Sénécal a indiqué: «Quand il s'agit d'organiser la venue de Joe Clark, ce groupe-là [Annexe] s'en occupe. Il y a des bénévoles aussi, mais ça dépend qui est disponible. On se divise le travail.»

C'est plutôt une preuve éloquente que l'organisation du parti en sol québécois est complètement décimée, croit plutôt le candidat allianciste de Berthier-Montcalm, Réal Naud. M. Naud connaît bien le Parti progressiste-conservateur pour en avoir porté les couleurs aux élections de 1993 et 1997. Il s'est joint à l'Alliance canadienne pour les élections générales de 2000.

«Le parti est tellement désorganisé que j'étais encore présenté comme le président de l'association PC du comté, et ils m'ont sollicité pour porter l'étendard à cette élection-ci!», dit-il.