«Vingt actions pour un Québec meilleur à l'horizon de 2005» - Landry annonce son plan d'action pour la troisième fois

Québec - Le premier ministre Bernard Landry a dévoilé hier son plan d'action gouvernemental basé sur «vingt actions pour un Québec meilleur à l'horizon de 2005» déjà toutes connues pour l'essentiel.

Décrit dans ses grandes lignes une première fois en août dernier puis au conseil national du Parti québécois en septembre, ce plan d'action ne pourra pas compter sur de l'argent neuf. Du moins dans un premier temps. Pour les cinq derniers mois de l'année en cours, le gouvernement y consacrera 100 millions à même des «réaménagements budgétaires». Mais parallèlement, les ministères doivent faire des compressions de 300 millions pendant la même période afin de combler des dépassements budgétaires constatés par le Conseil du trésor. «Ces 100 millions de dollars, ce n'est pas de l'argent facile, a dit M. Landry au cours d'une conférence de presse. Nous ne roulons pas sur l'or. On n'a pas même 50 ¢ pour s'acheter La Presse.»

Pour 2003-04, le gouvernement réserve une somme de 300 millions pour réaliser son plan, en plus de 400 millions l'année suivante et 500 millions en 2005-06. Le total: une somme de 1,3 milliard étalée sur trois ans et cinq mois. Alors que le communiqué gouvernemental stipule que cette somme sera entièrement tirée «de réaménagements budgétaires au sein des ministères», M. Landry a indiqué que les prochains budgets du Québec pourraient permettre de dégager de nouvelles marges de manoeuvre si la croissance économique est au rendez-vous et si le gouvernement central réinjecte de l'argent en santé après le dévoilement du rapport de la commission Romanow, ce mois-ci, et la Conférence des premiers ministres, en janvier 2003.

«Il faudra agir de manière responsable en évitant de faire miroiter des baisses d'impôt au moment où les dépenses en santé augmentent de façon exponentielle», a livré M. Landry dans son discours.

D'ici la fin de l'année, semaine après semaine, chacun des principaux ministres dévoilera le plan d'action de son ministère. Ce déploiement commence par le Rendez-vous des régions, une des 20 actions déterminées par le gouvernement. Suivront les plans d'action pour la santé, le plein emploi, l'environnement et l'éducation, a-t-on précisé au cabinet du premier ministre.

En santé, le gouvernement promet de créer dès l'an prochain 100 groupes de médecine familiale (GMF), fonctionnels ceux-là, alors que la création de 23 GMF a déjà été annoncée deux fois sans qu'un seul n'ait encore ouvert ses portes.

Le gouvernement Landry entend faire la bataille du plein emploi, comme il l'avait annoncé plus tôt cette année, grâce, notamment, à l'accélération des grands projets hydroélectriques. Il mènera la lutte contre la pauvreté et mise également sur l'amélioration de la qualité de vie des citoyens.

À ceux qui soulignent le peu de nouveautés que contient le plan action. M. Landry répond: «J'aime mieux une vieille idée comme la poursuite du plein emploi et la prospérité qu'une idée nouvelle comme le taux d'impôt unique.»

Le contenu de ce plan d'action est décrit dans un document de 48 pages imprimé sur papier glacé, format magazine et de haute qualité graphique, intitulé Horizon 2005 - Prospérité et qualité de vie - Plan d'action pour un Québec meilleur. Panégyrique autant que plan d'action, ce packaging allie la nomenclature des mesures gouvernementales en cours à un bilan des réalisations de la société québécoise depuis huit ans.

Le document est divisé en trois sections. La première — «Prospérité pour tous» — traite de l'objectif du plein emploi, des régions et du partage de la richesse. La deuxième — «Une meilleure qualité de vie pour tous» — porte sur l'amélioration des services publics et la réforme des institutions démocratiques, de diverses mesures liées au réseau de la santé, de la transformation de l'école secondaire, des 50 000 nouvelles places en garderie déjà promises d'ici 2005, d'un parti pris pour un Québec vert et de la culture ouverte sur le monde. Enfin, sous la rubrique «Un Québec fort pour tous», quelques pages sont consacrées au déséquilibre fiscal et au combat pour «se sortir de l'étranglement fiscal» ainsi qu'au rendez-vous à Buenos Aires lors Sommet des Amériques de 2005, où le Québec doit se présenter en tant que pays souverain.

Le document, qui sent le marketing gouvernemental, se veut un outil de promotion: il fait état de la prospérité actuelle du Québec, de son économie ouverte sur le monde, de la diminution du chômage en région, du recul de la pauvreté. Même la santé jouit de ses «indicateurs encourageants»: le nombre de médecins par habitant au Québec dépasse celui de toutes les autres provinces, et l'espérance de vie des Québécois est une des plus élevées au monde.

Hier, le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, a dit estimer que le plan d'action gouvernemental, «c'est davantage un bilan» d'un gouvernement «fatigué et essoufflé». Selon lui, le combat pour le plein emploi et la lutte contre la pauvreté, «c'est l'objet de toutes les civilisations et de tous les gouvernements».

Du côté de l'opposition officielle, le député de Châteauguay, Jean-Marc Fournier, a souligné la faiblesse des engagements en santé, qui ne sont d'ailleurs pas chiffrés comme le sont à cet égard les engagements des libéraux dans leur plateforme électorale.