La Nouvelle-Écosse s'oppose à son tour à la ratification unilatérale de Kyoto

Halifax - La Nouvelle-Écosse s'oppose à son tour à la ratification unilatérale du protocole de Kyoto par Ottawa, disant craindre que le traité n'engendre des hausses substantielles du prix de l'électricité.

Le premier ministre John Hamm a affirmé hier qu'il faudrait qu'un plan élaboré conjointement avec les provinces pour tenir compte des retombées économiques attribuables au traité sur les changements climatiques soit mis en place avant que le gouvernement fédéral ne ratifie le protocole. Sinon, a-t-il ajouté, les provinces devront commencer à planifier une nouvelle stratégie.

Pour l'instant, et d'ici les prochaines semaines, «notre stratégie est de rencontrer Ottawa et d'élaborer un plan viable», a-t-il dit.

Plus tôt cette semaine, la Nouvelle-Écosse avait indiqué que Kyoto pourrait faire grimper les coûts de l'électricité dans la province, où plus de 70 % de l'énergie provient actuellement de centrales alimentées au charbon. Or la combustion du charbon constitue une source importante de gaz à effet de serre, que le protocole de Kyoto vise justement à limiter.

Mardi, le premier ministre Jean Chrétien avait rejeté la demande des premiers ministres des provinces de le rencontrer avant la ratification du protocole par le Parlement, prévue d'ici Noël. Les premiers ministres des provinces s'étaient réunis à Halifax la veille pour discuter du traité sur les changements climatiques. «C'est de juridiction fédérale, a déclaré M. Chrétien. Il y aura un vote à la Chambre des communes. Je rencontre les premiers ministres des provinces en février.» La veille de la déclaration de M. Hamm, ses homologues de Terre-Neuve, Roger Grimes, et de la Colombie-Britannique, Gordon Campbell, avaient déjà indiqué leur intention de s'opposer à la ratification unilatérale par Ottawa du protocole de Kyoto.

De son côté, le ministre de l'Environnement de l'Ontario, Chris Stockwell, a qualifié de «honteux» le rejet de la demande de rencontre des premiers ministres provinciaux par M. Chrétien, prédisant que le gouvernement fédéral en subira le contrecoup. L'Alberta s'oppose quant à elle depuis longtemps au protocole.