Une ex-religieuse est reconnue coupable d'agressions contre des enfants

Charlottetown - Lucille Poulin, une ex-religieuse de 78 ans qui affirmait battre les enfants parce que Dieu lui disait que c'était bien de le faire, a été reconnue coupable de cinq accusations d'agression contre des jeunes qui lui étaient confiés.

Le juge David Jenkins, de la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard, a rejeté les allégations de Mme Poulin, qui tentait de justifier ses gestes en invoquant la soi-disant loi canadienne sur la fessée, qui accorde aux parents et aux personnes responsables le droit de frapper leurs enfants, du moment que la force utilisée est raisonnable dans les circonstances.

L'utilisation fréquente par Mme Poulin d'une lourde baguette en bois pour punir les enfants et chasser les démons était excessive, a-t-il déclaré. «L'accusée ne s'est pas contentée de donner la fessée aux enfants. Elle les a battus.» Selon le magistrat, l'état mental de Mme Poulin pourrait être en cause, même si la défense n'a pas évoqué cette possibilité. «Elle croit que le diable habite les enfants et qu'en les frappant avec une baguette, elle obéit aux ordres divins», a-t-il souligné. Mme Poulin a déclaré au tribunal qu'elle parlait directement à Dieu, et qu'il lui répondait et dirigeait tous les aspects de sa vie, y compris les corrections qu'elle infligeait aux enfants.

«Je sais que je serai avec Jésus dans la gloire, a-t-elle déclaré alors qu'elle témoignait pour sa propre défense. Je ne crains aucun jugement.»

Les enfants maltraités par l'ex-religieuse étaient âgés de sept à 12 ans au moment des incidents, survenus dans une commune religieuse située près de Summerside, à l'Île-du-Prince-Édouard.