Revue de presse - Volpe sur la sellette

Les libéraux fédéraux vont passer la fin de semaine à sélectionner les délégués qui iront au congrès au leadership de la fin novembre et du début décembre. Les résultats donneront une idée de la force de chaque camp, mettant ainsi fin à une semaine mouvementée pour le Parti libéral. En plus des livres de l'ancien ministre Alfonso Gagliano et de l'ex-conseiller de Jean Chrétien, Eddie Goldenberg, qui sont venus remuer de mauvais souvenirs, les libéraux ont eu droit à des allégations d'irrégularités entourant le recrutement des nouveaux membres. Le premier visé: Joe Volpe. On accuse son équipe d'avoir acheté des cartes, non seulement à l'insu de plusieurs personnes, mais aussi pour des morts.

Volpe s'est défendu, allant jusqu'à affirmer qu'on le ciblait à cause de ses origines italiennes. L'explication a fait bondir. Le Chronicle-Herald de Halifax rappelle que Volpe s'est retrouvé plus d'une fois sur la sellette, surtout lorsqu'il a accepté des dons d'enfants de dirigeants de compagnies pharmaceutiques. En s'accrochant, ce candidat embarrasse un parti qui se débat pour laver son nom, estime le quotidien. Pour Andrew Coyne, du National Post, le pire est que Volpe se croit. L'équipe éditoriale du Post ajoute, comme plusieurs commentateurs, que «les allusions voilées au racisme [de Volpe] sont une insulte pour tous les Canadiens qui ont vraiment connu la discrimination».

Notre Tiers Monde

Justement, le Star-Phoenix, de Saskatoon, dresse un portrait attristant des conditions de vie des autochtones de plusieurs réserves de la Saskatchewan. Le long dossier fait état de situations qui rappellent le Tiers Monde. Les Premières Nations connaissent un boom démographique et n'arrivent plus depuis des années à répondre aux besoins en logement de leurs membres. Les rénovations tardent, les nouvelles maisons sont rares et les familles se retrouvent dans des logements surpeuplés, souvent délabrés et infestés de moisissures. Résultats: les infections pulmonaires se multiplient, y compris la tuberculose. Chaque année, une poignée d'autochtones en meurent et des dizaines sont infectés. L'an dernier, 127 cas ont été diagnostiqués en Saskatchewan et presque tous les malades étaient autochtones. Dans la communauté déné de Black Lake, dans le nord de la province, 20 personnes sur les 1700 habitants sont actuellement traitées pour cette maladie. Les budgets pour de nouvelles maisons sont cruellement insuffisants. En fait, les fonds fédéraux pour la rénovation et la construction sur les réserves de la Saskatchewan n'ont pas bougé depuis plus de 10 ans. Les communautés qui ont une assise économique ou qui ont obtenu des fonds à la suite de traités ont commencé à prendre les choses en main, sans attendre Ottawa. Dans les autres, par contre, certains se demandent s'ils ne devront pas bloquer les routes pour faire bouger le fédéral.

Une curiosité distincte

Une députée jolie, riche et connue, un populaire joueur de hockey à la retraite, son épouse qui le poursuit devant les tribunaux en l'accusant d'avoir une liaison avec la première, voilà de quoi alimenter les journaux à potins. Mais l'histoire de la libérale Belinda Stronach, de Tie Domi et de son épouse s'est retrouvée dans presque tous les quotidiens du Canada anglais, faisant même la une de certains et l'objet d'une chronique de Don Martin, le commentateur national de la chaîne CanWest. Pendant ce temps, pratiquement pas une ligne au Québec. L'ancien homme fort des Leafs a finalement conclu une entente avec son ex. Quant à Belinda, elle s'est plainte d'un double standard à l'endroit des femmes en politique. Margaret Wente, du Globe and Mail, ne gobe pas cette explication, pas plus que celle de Joe Volpe. Elle note qu'avant de pouvoir vérifier l'affirmation de Stronach, il faudra attendre qu'un politicien sexy, riche, ambitieux et transfuge se retrouve cité comme partenaire dans une poursuite en divorce contre une célébrité, ce qui ne s'est pas encore produit.

Vaut mieux en rire

Les Québécois n'aiment pas les publicités torontoises indifférentes à la réalité du Québec. Ils ne sont pas les seuls. Une publicité télé de la compagnie automobile Nissan a provoqué un tollé à Terre-Neuve, raconte L'Acadie nouvelle. Pour promouvoir son modèle Bonavista, Nissan a embauché un acteur néo-écossais — première erreur — pour jouer le vendeur de voitures, parlant à toute vitesse et se moquant de l'accent de Terre-Neuve. Un concessionnaire Honda a répliqué avec un message radiophonique qui rit du «manque de personnalité» des Ontariens, les assimilant à Dalton McGuinty, qu'on dit «insignifiant». Les particularités de l'anglais de Terre-Neuve sont si importantes qu'elles ont fait l'objet d'un dictionnaire.

Mon chaton d'abord

Après la lutte contre le sexisme et le racisme, voilà qu'on parle de la discrimination fondée sur l'espèce. Le ministère de l'Éducation de la Colombie-Britannique a pris la chose assez au sérieux pour inviter un défenseur des droits des animaux à une consultation sur le contenu d'un cours de 12e année sur la justice sociale, nous apprend le Vancouver Sun. Tout part d'une entente hors cour intervenue au printemps entre la province et un couple gai qui exigeait qu'on fasse davantage pour rendre les écoles plus accueillantes pour les homosexuels. Lui-même surpris d'avoir été invité, Lesley Fox, de la Société de protection des animaux de Vancouver, se défend de vouloir donner préséance aux animaux, mais il soutient qu'il n'y pas que les humains qui souffrent d'exploitation et d'oppression, les animaux aussi. Des représentants des gais et lesbiennes, de groupes de défense des libertés civiles et de lutte contre le racisme étaient présents à la rencontre. Mais personne n'avait cru bon inviter des handicapés ou des représentants des minorités religieuses...

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