Mitsubishi - À la poursuite de Honda et Toyota

Un nouveau constructeur débarque au nord du 49e parallèleVous croiserez bientôt sur la route de nouveaux véhicules que vous ne reconnaîtrez peut-être pas. Ils s'appellent Montero, Outlander et Endeavour, et sont déjà vendus sur tous les principaux marchés automobiles de la planète. Dernier en lice, le Canada est aujourd'hui dans la mire de Mitsubishi Motors of North America (MMNA), une multinationale dirigée par un Franco-Ontarien déterminé.

Pierre Gagnon s'est vu offrir une promotion au cours de l'année 2002 puisque l'entreprise qu'il dirigeait alors, Mitsubishi Motors Sales of America, a fusionné avec deux autres filiales nord-américaines du constructeur japonais pour devenir MMNA, laquelle gère maintenant deux nouveaux marchés: le Mexique et le Canada.

«Cette nouvelle organisation nord-américaine est désormais la plus forte voix du groupe Mitsubishi, ce qui se traduira par une meilleure planification des produits, explique-t-il. Pour le Canada, cela signifie qu'on pourra adapter plus facilement notre ligne de véhicules. Ce ne sera pas seulement un 51e État américain.» Le marché automobile canadien étant relativement restreint, l'arrivée du Mexique et de Porto Rico dans les rangs pourrait permettre d'introduire au pays des véhicules compacts qui ne seront pas vendus chez nos voisins du Sud.

Franco-Ontarien d'origine,

M. Gagnon se sent au diapason de ce nouveau bassin d'acheteurs. «Trois des principaux dirigeants de MMNA sont canadiens. Nous nous sommes fixés des objectifs très conservateurs mais nous croyons déjà pouvoir les dépasser», estime-t-il.

La stratégie? De nombreux nouveaux produits verront le jour dans les cinq prochaines années. «Sept nouveaux véhicules seront introduits en Amérique du Nord au cours des prochains mois, ce qui devrait attirer l'attention des acheteurs sur la marque Mitsubishi», croit Pierre Gagnon. Considérant que les six modèles présentés actuellement sont tous — sauf un — en fin de cycle, cette perspective est un peu prévisible. En fait, il s'agit de faire du neuf avec du vieux, pour ainsi dire.

Un marketing universel

L'entrée en scène du constructeur nippon ne devrait pas se faire sans bruit. Aux États-Unis, la campagne publicitaire de Mitsubishi mettait beaucoup l'accent sur des extraits musicaux au goût du jour, allant même jusqu'à relancer la carrière de certains musiciens. La même stratégie sera importée au Canada et au Québec, la question de la langue n'inquiétant nullement M. Gagnon.

«La moyenne d'âge de notre clientèle est la plus jeune de l'industrie. Le divertissement — par conséquent, la musique — prend une place prépondérante dans le style de vie des générations plus jeunes. En ce sens, nous croyons que nous possédons un marketing international, puisque la musique, élément central de nos publicités [télévisées], est universelle.» N'essayez pas de le convaincre d'engager les Cowboys fringants ou Noir Silence pour repenser une campagne à saveur localeÉ

Pour 2003, Mitsubishi vise un objectif de 20 000 ventes au Canada. La moitié de cet objectif devrait être réalisé au moyen du modèle compact Lancer, concurrent de la Mazda Protegé, de la Toyota Corolla et de la Honda Civic. D'ici cinq ans, on espère frôler le cap des 40 000 ventes annuelles.

Exit la minifourgonnette

Et pourtant, à l'heure de gloire de la minifourgonnette, on estime pouvoir atteindre — voire dépasser — ces chiffres sans la présence d'un tel véhicule au catalogue. «On ne pense pas que la minifourgonnette conservera sa popularité encore longtemps, estime le président de Mitsubishi Motors d'Amérique du Nord. En fait, on croit plutôt à l'arrivée d'un nouveau type de véhicule, espèce d'hybride entre la camionnette à quatre roues motrices, le véhicule à sept passagers et la berline traditionnelle. On va plutôt s'attarder sur ce projet dans les prochaines années.»

Mais ne nous attendons pas à des merveilles de la part de Mitsubishi pour envahir la Belle Province. Ironiquement, le prototype le plus enivrant de la marque — et qui fait d'ailleurs sa réputation chez les jeunes acheteurs d'automobiles québécois: la Lancer Evo 8 — sera présenté en janvier au Salon de l'auto de Los Angeles, mais ne sera pas vendu au Canada. Pour une marque qui se targue d'entretenir une relation heureuse avec les plus jeunes amateurs, voilà déjà un premier faux pasÉ