Nettoyage en Chine

Pékin — Guerre Pékin-Shanghai, règlements de comptes au sein du Parti communiste, les grandes manoeuvres battent leur plein à l'approche du XVIIe congrès du PCC, prévu en octobre 2007. Hier, un communiqué de l'agence Chine nouvelle a annoncé le limogeage pour corruption du camarade Chen Liangyu, maire de Shanghai et par ailleurs membre du bureau politique et du comité central du Parti communiste chinois. C'est la première fois depuis 1995 qu'une telle personnalité est évincée du pouvoir central.

Chen Liangyu, dans le collimateur d'une centaine d'enquêteurs depuis l'été, est impliqué dans un détournement de fonds d'environ 383 millions de dollars américains des caisses de retraite et de sécurité sociale de Shanghai. Il lui est aussi reproché d'avoir couvert des proches, pris dans des affaires de corruption immobilière. «Ces graves infractions ont produit une très mauvaise influence politique», conclut l'agence officielle qui poursuit par cet avertissement: «Toute personne, qui que ce soit et quel que soit le poste qu'elle occupe, sera poursuivie et punie.»

Chen Liangyu, 60 ans, entré au parti au début des années 80, fait les frais de la vaste campagne anticorruption lancée par Pékin au printemps, dont beaucoup d'observateurs s'accordent à dire qu'elle sert autant la morale nationale que les intérêts du président Hu Jintao à l'approche du XVIIe congrès. Chen Liangyu, opposant de Hu Jintao, est un proche de l'ancien président Jiang Zemin, qui fut maire de Shanghai et garde, trois ans après sa mise à l'écart, des supporters au sein du parti. Cette «clique de Shanghai» comme l'ont surnommée les médias, a vu son influence décliner depuis l'accession de Hu Jintao à la tête du pays en 2003.