Libre opinion: L'Îlot Voyageur, un projet responsable

Le projet de l'Îlot Voyageur revêt une importance majeure pour la revitalisation de Montréal et de l'arrondissement Ville-Marie. Ses retombées sont multiples et porteuses pour l'environnement urbain du quartier et de la ville, pour les étudiants de même que pour les deux millions d'usagers annuels de la Station centrale d'autobus.

L'Université du Québec à Montréal tente, par ce projet, de combler en partie son déficit chronique d'espace, évalué à 50 000 m2. Pour le concrétiser, elle a choisi de travailler avec les autres acteurs urbains impliqués dans le développement de ce quadrilatère, soit Busac et la Station centrale d'autobus, et ce, en vue de participer à la construction d'un tissu urbain intégré.

Revitalisation du quartier

L'UQAM, qui se définit comme «université au coeur de la cité», est déjà bien présente dans le milieu. Ce nouveau projet contribuera à redorer l'image du Quartier latin qui mérite bien d'être rehaussée; il bénéficiera aussi au Quartier des spectacles, présentement en chantier.

Le site du quadrilatère actuel où l'on retrouve autobus et stationnement en plein air ne concourt certes pas à la beauté des lieux. L'Îlot Voyageur créera une nouvelle dynamique. Il suscitera un redéploiement souhaité des activités commerciales et une revitalisation du patrimoine bâti dans le secteur.

En fait, l'émergence d'une nouvelle trame urbaine dans le quadrilatère formé des rues Sherbrooke et Sainte-Catherine (au nord et au sud), ainsi que des rues Saint-Hubert et Saint-Denis (à l'est et à l'ouest) créera un effet de levier favorable sur les plans de la créativité architecturale et de la mise en valeur des artères et des édifices par un plan lumière. Ce secteur deviendra agréable à vivre et à fréquenter.

Montréal, avec ses quatre universités — dont trois situées au coeur de la ville sur l'axe du boulevard Maisonneuve — et ses grandes écoles supérieures, se présente comme l'un des pôles universitaires les plus importants d'Amérique du Nord. La ville se prépare à créer une cité universitaire internationale dont l'UQAM est partie prenante. Quelque 1000 résidences seront construites dans le quadrilatère de l'Îlot Voyageur, répondant en partie aux besoins de cette clientèle.

Les universités attirent bon nombre d'étudiants et de professeurs étrangers, ainsi que leurs familles. Elles contribuent, à leur façon, au tourisme urbain, en offrant un grand nombre d'activités sur leurs campus (théâtre, musique, danse, expositions, congrès, colloques, conférences), permettant ainsi aux visiteurs (et aux résidents) de vivre une expérience recherchée et de profiter de l'ambiance «d'ouverture» propre au milieu universitaire.

L'Îlot Voyageur s'inspire de plusieurs principes liés au développement durable qui permettront de minimiser la pollution dans le secteur, dans le respect de la population avoisinante.

En accord avec le principe de l'équité sociale, le projet tient compte des besoins en transport des usagers du quadrilatère. Il offre ainsi des espaces de stationnement aux 1000 habitants des résidences, aux 3000 employés du pavillon universitaire, aux 2000 personnes de l'édifice à bureaux, de même qu'aux usagers du Quartier des spectacles.

Il faut également prendre en considération les quelque deux millions de personnes, qui transitent annuellement, souvent avec des bagages, par la Station centrale d'autobus: une véritable gare destinée au transport routier de personnes et de colis à destination du Québec, du Canada et des États-Unis.

Le projet de l'Ilôt Voyageur comporte des mesures concrètes pour réduire considérablement la pollution visuelle, sonore et atmosphérique, occasionnée dans le passé par les autobus de la station. D'abord, les gaz d'échappement des autos et des autobus seront récupérés, puis, 100 places de stationnement seront réservées pour le covoiturage et les véhicules à faible consommation d'essence et, enfin, une première en Amérique du Nord, 560 places pour vélos y sont prévues.

Quant au principe d'éco-efficacité, il sera appliqué dans les composantes vertes du projet, entre autres choses: toit végétal du pavillon, jardin central et pourtours paysagers de tout le quadrilatère, comprenant des plantations d'arbres, autant d'éléments esthétiques et environnementaux aptes à rehausser la qualité de vie du quartier.

Ce projet multifonctionnel rejoint les principes de globalité du développement durable en visant l'équilibre entre le social, l'économique et l'environnemental. Il représente une nette amélioration par rapport à la situation actuelle. Il répond également au principe de l'éco-cité en favorisant de multiples usages du site: travail, éducation, transports en commun, résidences, activités culturelles et de divertissement. Enfin, il servira de levier pour redynamiser, souhaitons-le, ce Quartier latin en mutation.