Saad Hariri invite les Libanais à commémorer la mort de son père

Beyrouth — Le chef du groupe majoritaire au Parlement libanais, Saad Hariri, a invité hier ses compatriotes à participer en masse demain à l'anniversaire de la mort de son père et ancien premier ministre Rafic Hariri pour afficher leur unité aux yeux de la Syrie.

M. Hariri s'exprimait lors d'une conférence de presse à Beyrouth, au lendemain de son retour au Liban après une absence de plus de six mois en raison des risques d'attentats contre sa personne. Le député a accusé la Syrie, sans la nommer, de vouloir déstabiliser le Liban.

«Ils mettent le Liban devant cette alternative: le chaos ou le retour au régime sécuritaire, le régime de la tutelle et de la domination», a déclaré Saad Hariri, en référence à l'occupation du Liban par les troupes syriennes, qui s'est achevée en avril 2005.

«Ils ont cru que les griffes de l'ancien régime pouvaient réapparaître. Nous leur disons que les Libanais ne permettront pas aux assassins [...] de revenir sur la scène. La scène de la liberté [la place des Martyrs, à Beyrouth] restera celle de ceux qui ont construit l'indépendance, l'unité, le patriotisme et la souveraineté», a-t-il affirmé.

«Participez à [la commémoration] sur la scène de la liberté [...] et dites au monde entier que le Liban appartient à son peuple et à personne d'autre», a-t-il poursuivi. «Ils veulent effacer ce jour [le 14 février] de l'histoire, comme ils veulent effacer le 14 mars de la conscience des Libanais», a-t-il encore estimé.

Le 14 mars 2005, un mois après l'attentat à la voiture piégée qui a coûté la vie à Rafic Hariri, plus d'un million de Libanais, soit le quart de la population, toutes confessions confondues, s'étaient rassemblés pour dénoncer l'assassinat.

Demain «sera le jour du renouvellement de la foi en l'unité du Liban», a affirmé M. Hariri, ajoutant que la participation à la commémoration était un «important devoir national».

«Je m'adresse à tous les Libanais pour qu'ils adoptent une position historique unie en ce jour, pour affirmer que notre union nationale est au-dessus de toute autre chose», a-t-il dit.

«Le feuilleton des attentats, du terrorisme et du jet de pierres contre les maisons et les églises n'a pas affecté notre union nationale», a-t-il ajouté en faisant allusion aux violences qui ont frappé le 5 février dernier le quartier chrétien d'Achrafieh (est de Beyrouth), dont la majorité parlementaire a rejeté la responsabilité sur la Syrie. M. Hariri a précisé que son retour au Liban ne signifiait pas pour autant que sa vie n'était plus en danger. Il avait quitté le Liban en juin après une vague d'attentats.

Saad Hariri, 36 ans, a été élu député lors des législatives de mai-juin à la tête d'une majorité anti-syrienne qui accuse Damas du meurtre de Rafic Hariri.